D'ordinaire, la période de Noël est synonyme de vente-record pour les ostréiculteurs.
Mais cette année, les huîtres provenant de plusieurs régions ont été interdites à la consommation pour des raisons sanitaires.
Depuis, les ventes se sont effondrées.

Depuis le courant décembre, la commercialisation des huîtres et d'autres coquillages a été suspendue temporairement dans plusieurs secteurs du littoral en Manche et en Atlantique, pour des raisons sanitaires similaires à cette dernière interdiction en Ille-et-Vilaine. Ces mesures de suspension ont depuis été levées dans le Calvados et les Landes, notamment. La plupart de ces suspensions sont intervenues avant les fêtes de fin d'année, une période qui constitue un des temps forts des ventes pour les producteurs. Du côté des ostréiculteurs, c'est la grise mine.

Josselin Taillepied, l'un d'eux, sollicité dans le sujet de TF1, garde tout juste la tête hors de l'eau. Après un mois de janvier désastreux, ses ventes ne décollent toujours pas. "Le commerce est beaucoup plus calme qu'avant. On a quand même été fermé la semaine du jour de l'An. Rattraper ce retard, ça va être très compliqué. Que le commerce reprend à un rythme normal, ce serait déjà très bien", confie-t-il.

"Il y a une crainte"

Les huîtres peinent à retrouver leurs consommateurs, et les ostréiculteurs, leur activité. Résultat, en Gironde, les professionnels s'invitent sur une autoroute pour une dégustation. L'objectif est de rassurer. Regagner la confiance peut prendre du temps. Sur l'étal d'un marché dans le Finistère, Marie-Laure Deniel, vendeuse, le constate, certains clients, des habitués, ont décidé de ne plus acheter d'huîtres : "Dès qu'on parle de bactérie, automatiquement, il y a une crainte", dit-elle. "Sur les cinq marchés que je fais sur la semaine, je me suis rendu compte que beaucoup de clients se posaient des questions".

Des acheteurs frileux, qu'importe la région : en France, toute la filière conchylicole se trouve en difficulté, l'entreprise bretonne Le Gall, sollicitée dans le sujet en tête de cet article, a perdu un tiers de son chiffre d'affaires. : "Autant de bassins fermés en même temps, corrélés à une telle baisse de vente : je n'ai jamais eu autant de personnes à m'appeler un mois de décembre ou début janvier pour être rassurés sur le fait de manger des huitres", explique le responsable commercial à TF1.  D'ici à la fin du mois de février, certains ostréiculteurs arriveront au bout de leur trésorerie.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Merieme Stiti, Xavier Thoby et Julie Jeunemaitre

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