Le 13H

"Tellement illogique" : l’amertume de propriétaires forcés de détruire leurs chalets de plage dans le Pas-de-Calais

M.D. | Reportage TF1 Sébastien Hembert et Hembert, Gautier Delobette
Publié le 21 octobre 2022 à 11h32
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

La justice a ordonné la démolition de tous les chalets installés sur la plage de Blériot, sur la Côte d'Opale.
Quelque 230 de ces chalets sont plantés sur cette longue plage de sable fin.
Une équipe de TF1 s'est rendue sur place.

C'est un petit morceau de patrimoine calaisien qui s'en va, et un véritable crève-cœur pour les occupants. Cet été, le tribunal administratif de Lille a enjoint les propriétaires des chalets de Blériot-Plage, sur la Côte d’Opale (Pas-de-Calais), de les démolir sans délai, en vertu de la loi "littoral". La décision, rendue le 5 juillet, concerne les propriétaires de 33 chalets qui avaient saisi la justice, sur les quelque 230 que compte cette plage de la commune de Sangatte.

Les chalets ne respectent pas les normes de la loi "littoral"

Une équipe de TF1 s’est rendue ce jeudi matin à Blériot-Plage, où des habitants étaient en train de démonter les chalets de leur enfance. "La plupart des propriétaires sont des gens qui ont de faibles revenus. On n’a pas les moyens de se défendre face à un État et une mairie qui sont prêts à tout pour nous faire payer. Là, on va tout évacuer", lance, non sans amertume, le président de l’association de sauvegarde des Chalets castors, Loïc Lassalle, dans le reportage en tête de cet article. "C'est tellement illogique, ce sont des méthodes de brigand", lache pour sa part Martine Kergosien, dont le bien devra lui aussi disparaitre.

Depuis 2016, la loi "littoral" impose que les chalets sur les plages puissent être démontés à tout moment et qu'ils soient dimensionnés 2m50 sur 2m50. Or les chalets de Blériot-Plage ne respectent pas ces normes. Sommés de démolir leurs biens parce qu'ils occupent illégalement le domaine public maritime, les propriétaires s’exposaient, depuis le 5 octobre, à une astreinte de 50 euros par jour de retard, en cas de non-destruction. 

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La disparition de ces cabanons, construits après-guerre, marque la fin d’une époque. Et avec eux, c’est un petit bout d’identité calaisienne qui s’en va. Les premiers chalets avaient été installés dans les années 1950 par des familles très modestes qui venaient y séjourner pour leurs vacances. Tous les chalets devraient être démantelés d’ici le printemps prochain. À la place, la mairie de Sanguatte prévoit des cabines de 2m50 sur 2m50, installées trois ou six mois, en location ou en acquisition, 


M.D. | Reportage TF1 Sébastien Hembert et Hembert, Gautier Delobette

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