Chaos au Stade de France : après le fiasco, le temps des explications... et des enquêtes

Stade de France : la justice a demandé les images de vidéosurveillance malgré leur destruction

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Publié le 10 juin 2022 à 11h30
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

L'audition de la FFF jeudi au Sénat a permis d'apprendre que les images de vidéosurveillance des violences autour du stade n'ont pas été conservées.
Le président de la commission des lois a indiqué ce vendredi son intention de reconvoquer le ministre de l’Intérieur et le préfet de police de Paris.

"Ces images n’apparaissaient pas indispensables à l’enquête". Douze jours après le fiasco de la finale de Ligue des champions au Stade de France, le parquet de Bobigny s'est expliqué ce vendredi sur la polémique concernant les images de vidéosurveillance. Ces dernières, gérées par le Stade, n'ont en effet pas été conservées.

Cet imbroglio a débuté jeudi dans l'après-midi, avec l'audition au Sénat d'Erwan Le Prévost, le directeur des affaires institutionnelles de la Fédération française de football (FFF). Ce dernier a indiqué que les images filmées autour du Stade de France avaient été détruites au bout de sept jours, faute d'une réquisition de la justice. Aussitôt, sa déclaration a suscité la surprise et l'incompréhension de plusieurs sénateurs. "C'est la loi", avait précisé le président de la commission sénatoriale de la culture, Laurent Lafon. Pour le sénateur David Assouline, "des images très violentes existaient et elles ont été effacées sept jours après les faits. Pourquoi n'ont-elles pas été réquisitionnées ?", a-t-il demandé.

"C'est une blessure pour moi"

Sous le feu des critiques, le parquet de Bobigny a tenté d'éteindre l'incendie. Contacté par TF1/LCI, il a confirmé ce vendredi avoir adressé jeudi soir "une réquisition judiciaire pour obtenir les images du stade de France dans l’hypothèse où elles auraient été conservées." Et de préciser que "ces images n’apparaissaient pas indispensables à l’enquête ouverte du chef d’escroquerie en bande organisée (faux billets), mais l’information d’hier selon laquelle ces images ne seraient pas conservées un mois (durée légale maximum autorisée), mais seulement quelques jours (information que nous ignorions) nous a conduit à les solliciter tout de même."

"C'est à l'évidence un échec", a concédé jeudi Didier Lallement, mentionnant les personnes "bousculées ou agressées" et "l'image ébranlée" de la France, devant la commission des lois du Sénat. "C'est une blessure pour moi", a-t-il ajouté. L'audition du préfet intervient après celle, le 1er juin, des ministres des Sports Amélie Oudéa-Castéra et de l'Intérieur Gérald Darmanin. Ce dernier avait maintenu sa version, très critiquée, en réaffirmant que "35.000" supporters munis de billets falsifiés ou sans billet s'étaient présentés au Stade de France et auraient été "le mal racine" à l'origine des incidents.

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Les deux hommes auront l'occasion de s'expliquer à nouveau : François-Noël Buffet, président de la commission des lois, a déclaré ce vendredi qu'il allait reconvoquer devant les sénateurs le ministre de l'Intérieur et le préfet de police de Paris. "Chaque jour qui passe révèle une nouvelle négligence autour d’un événement majeur qui a été regardé par 400 millions de téléspectateurs dans le monde", a lancé le sénateur sur Public Sénat.


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