Le 20h

Incivilités, délinquance : les maires en première ligne

Publié le 27 mai 2021 à 20h11
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Plusieurs maires ont été victimes d'agressions verbales ou physiques ces derniers temps. Ils se voient comme des modérateurs pour apaiser les tensions entre leurs administrés. Une lourde tâche sur laquelle trois d'entre eux se sont confiés à nos reporters.

Il y a quatre ans, Jean-Marie Vilain, maire de Viry-Châtillon (Essonne) a été frappé en voulant déloger des gens du voyage qui se sont installés sur un stade de la ville. Depuis, il est devenu plus méfiant même s'il continue de donner son numéro de portable. "Je suis contacté jusqu'à 2 ou 3 heures du matin par messenger pour me dire qu'il y a un peu de bruit dans mes quartiers. Ce dialogue en permanent est important parce que c'est comme ça qu'on peut comprendre pour la ville. Je fais juste un peu attention. Je ne pars pas tout seul (...)", explique-t-il.

Pour faire face aux agressions, il existe des stages dispensés par des gendarmes du GIGN. Grâce à cette formation, Karine Paviza, maire (SE) de Geneston (Loire-Atlantique) a appris à garder son sang-froid, en toute occasion. Trois mois après, nous la retrouvons dans sa commune de 3 600 habitants. En sept ans de mandat, elle a été aussi victime d'agressions verbales. "Maintenant, il n'y a pas une semaine sans qu'il n'y ait pas un message d'insultes, un comportement irrespectueux ou des personnes qui vous disent ce n'est pas possible. Donc, on peut dire qu'il y a un changement dans le comportement", admet-elle.

Francis D'Hulst, maire délégué de Portbail (Manche), a aussi constaté ce changement. En août 2020, il intervient pour évacuer des campeurs. Il sera insulté et frappé. Depuis, ce maire a, lui aussi, pris conscience des risques de son métier. "Il y a des choses que je ne referais pas. Par exemple, dire simplement j'appelle les gendarmes. C'est considéré comme une provocation. C'est un peu extraordinaire d'en arriver là, mais en gros, c'est moi qui les ai provoqués quelque part (...)". En 2020, 500 maires ont été agressés. Il s'agit d'une hausse de 200 % par rapport à 2019.


La rédaction de TF1info

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