Les boulangers frappés de plein fouet par la crise de l'énergie

Boulangers étouffés par les prix de l'énergie : comment sortir du pétrin ?

par La rédaction de TF1info | Reportage Pauline Dumortier et Sébastien Guerche
Publié le 24 janvier 2023 à 10h02
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés lundi 23 janvier à Paris pour demander des aides supplémentaires face à la hausse des prix de l'énergie.
Parmi eux, de nombreux boulangers qui font face à une hausse vertigineuse de leur facture d’électricité.
À bien des égards, l’union fait la force.

Plusieurs centaines de manifestants, pour la plupart des boulangers, se sont rassemblés lundi 23 janvier à Paris pour demander des aides supplémentaires face à la hausse des prix de l'énergie. La confédération nationale de la boulangerie et boulangerie-pâtisserie n'avait pas appelé à manifester, satisfaite du dialogue en cours avec le gouvernement et des dispositifs en place, bien que ceux-ci soient encore peu connus des entreprises. Mais plusieurs collectifs, dont le "Collectif pour la survie de la boulangerie et de l'artisanat", ont appelé à une marche vers le ministère de l'Économie. Des centaines de boulangers ont répondu présent, baguettes à la main.

Car le constat est là, largement partagé. Dans la rue commerçante de Carquefou en Loire-Atlantique, où l'équipe de TF1 s'est rendue, dans trois boulangeries situées dans cette rue, c'est unanime : après la farine et le beurre, c’est la facture d’électricité qui augmente considérablement. "On va passer de 900 euros à 6000 euros par mois à partir du 30 janvier, et on ne sait pas si on va pouvoir survivre", témoigne Nathalie Bisson, une boulangère de Carquefou en Loire-Atlantique dans le sujet en tête de cet article. À cela s'ajoute le fait que le bouclier tarifaire, qui limite la hausse des prix, est ouvert aux très petites entreprises (moins de 10 salariés et chiffre d'affaires annuel inférieur à 2 millions d'euros) dont le compteur électrique affiche une puissance de moins de 36kVA. Les boulangers en sont de fait exclus, en raison de la consommation des fours.

C'est dans ces moments-là que l'on se rend compte que c'est important de se réunir et de ne pas rester dans son coin

Aurélien Allaizeau, président de la fédération boulangers-pâtissiers de Vendée

Que faire, alors ? Pour faire face à la hausse des prix, des méthodes radicales sont de plus en plus envisagées par les entreprises, boulangers en tête. À Marseille, la CGT-Energie a même évoqué la possibilité de procéder à une "manipulation sur le compteur" pour que les boulangers puissent bénéficier de fortes réductions sur leur facture. 

Ceux qui sont présentés dans le sujet de TF1 ont trouvé une astuce à tour de rôle, ils vont fermer boutique, deux jours dans la semaine, contre un jour actuellement, un four éteint une journée de plus, pour réduire les dépenses énergétiques : "On était tous les trois d'accord pour concentrer nos chiffres d'affaires sur cinq jours et non plus sur six", confirme Stéphane Royer, un autre boulanger de Carquefou. Ainsi, ils récupèrent les clients des concurrents pendant les deux jours de fermeture.

Cette nouvelle organisation s'avère bien accueillie par les habitants. L’entraide est aussi essentielle pour négocier les tarifs auprès des fournisseurs d’énergie. C’est ce que propose l'entreprise Collectif Énergie, située à Nantes : "D'une part, il y a le volume, cela permet d'avoir plus de poids et cela permet par rapport à d'autres fournisseurs d'avoir plus d'offres", assure-t-on.  

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Aurélien Allaizeau, président de la Fédération des boulangers-pâtissiers de Vendée, en a justement profité, rejoignant un groupement de 60 boulangers : "En individuel, pour une année, j'étais à environ 70.000 euros hors taxe et en se regroupant, j'ai eu une proposition de 45.000 euros hors taxe." Si la facture reste bien plus élevée que l’an dernier, l’entreprise n’est plus en danger. "C'est dans ces moments-là que l'on se rend compte que c'est important de se réunir et de ne pas rester dans son coin", dit-il. Pour être encore plus fort dans les négociations, Aurélien Allaizeau envisage de rejoindre, l’année prochaine, un collectif de plusieurs centaines de boulangers. Plus jamais, contre la crise, l'union fait la force.


La rédaction de TF1info | Reportage Pauline Dumortier et Sébastien Guerche

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