Les fraudes à l’examen du code de la route se multiplient.
De plus en plus de jeunes achètent leur examen, notamment via les réseaux sociaux.
Et les moniteurs s’en rendent compte lors de la conduite.

Comme ailleurs en France, à Lens, dans le Pas-de-Calais, les auto-écoles sont confrontées à un nouveau fléau : la fraude au code de la route. Une directrice, rencontrée dans le reportage en tête de cet article, confirme avoir rencontré des élèves ayant acheté leur examen. "On a entendu des jeunes qui nous disaient 'on m’a demandé 400 euros pour avoir mon code' et ils l’achètent. C’est complètement illégal. Ils disent 'j’ai acheté mon code'. Mais ils ne s’en cachent pas de toute façon. C’est un trafic", affirme Marie-France Le Berre. 

Pour comprendre, il faut remonter le temps. En 2016, l’État décide de libéraliser l’examen du code de la route. Terminées donc les grandes salles d’examen avec des examinateurs agréés. Huit entreprises ont l’autorisation de l’État pour faire passer l’examen. Parmi elles, un centre de contrôle technique ou encore des boutiques de téléphonie. 

"Ils ne m’ont pas demandé de carte d’identité"

Mais depuis quelque temps, les moniteurs d’auto-école s’aperçoivent que les jeunes ne connaissent pas le code alors qu’ils ont pourtant officiellement leur examen. "On lui demande à combien il peut rouler sur l’autoroute et il répond tout sauf la bonne réponse, et souvent, on leur repose la même question au bout de dix minutes et toujours pas de réponse. Ça arrive souvent ça. On reprend les bases", déplore Jean-Yves Lallez, moniteur de conduite. 

Certains centres d’examen font preuve de laxisme. Un jeune homme, qui souhaite rester anonyme, a passé l’examen du code de la route récemment. Il l’a obtenu facilement, mais dans des conditions particulières. "C’était un magasin où ils vendaient des téléphones et des coques de téléphone et il y avait une petite salle à part. Ils m’ont demandé mon identité, mais pas de carte d’identité, ni rien", explique-t-il. Aucun contrôle d’identité, alors qu’il est obligatoire pour éviter que quelqu’un d’autre passe l’examen à la place du candidat. "J’avais mon téléphone avec moi, ils ne me l’ont pas pris. Je ne l’ai pas utilisé, mais j’avais le droit à mon téléphone", poursuit-il. Là encore, ça n’est pas normal. Le téléphone doit être interdit pour éviter la triche. 

"Un refus immédiat" en cas de non-présentation de la carte d'identité

Alors, comment doit se passer un examen ? Pour le savoir, direction La Poste. L’entreprise profite de son implantation locale pour faire passer tous les jours des examens au code de la route partout en France. Ici, l’examinatrice respecte un protocole strict, à commencer par le contrôle d’identité. "Si un candidat vient sans pièce d’identité, c’est un refus immédiat", déclare Jennifer, l'une des examinatrices. 

Et dans la salle d’examen, les candidats doivent laisser dans des casiers leurs sacs et surtout leurs téléphones portables. Quant à l’examinatrice, elle reste là tout le temps. Et pour éviter la triche, chaque candidat a un jeu de questions différent du voisin sur sa tablette. On compte 2500 postiers examinateurs en France. "Il y a quand même eu un cahier des charges qui a été donné par le ministère de l’Intérieur qui est le même pour tout le monde", estime Olivier Blanchard, correspondant régional logistique d'examen La Poste. 

Des contrôles inopinés sont diligentés par le ministère de l’Intérieur dans les centres d’examen, mais ils n’ont pas permis pour le moment de faire baisser le nombre de fraudes. 


L.T. | Reportage TF1 : Sébastien Hembert, Charles Yzerman

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