En Nouvelle-Calédonie, les soignants ne peuvent plus se déplacer en toute sécurité.
Des malades ont été privés de soins faute de pouvoir gagner les cliniques ou les hôpitaux.
À l'hôpital de Nouméa, on commence à manquer de tout, a constaté le 20H de TF1.

Solange craque au milieu des rayons du supermarché. Atteinte d'un cancer, elle ne reçoit plus son traitement depuis plusieurs jours. "Je suis seule, très isolée chez moi, je ne peux pas aller chercher ma chimio, et je suis sous morphine tous les jours", témoigne-t-elle dans la vidéo de TF1 en tête de cet article. Comme elle, depuis le début des violences sur l'île, des centaines de patients ne peuvent plus accéder aux cliniques ou aux hôpitaux. Seules de rares ambulances parviennent encore à rejoindre un centre hospitalier au nord de Nouméa.

Malheureusement, les informations de la régulation du Samu montrent que les AVC n'arrivent pas à l'hôpital
Christophe Assié, urgentiste au Médipôle de Nouméa

Mais selon Christophe Assié, urgentiste au Médipôle, plusieurs patients sont déjà décédés, faute d'accès aux soins. "Malheureusement", explique-t-il, "les informations de la régulation du Samu montrent que les AVC n'arrivent pas à l'hôpital". L'autre point noir de cette situation de blocage, rapporte-t-il, concerne les dialysés, en besoin vital de traitement. "On a un décompte d'un ou deux morts, je n'ai pas de certitude pour le deuxième, qui n'ont pas eu accès aux dialyses"

Autre problème majeur, celui des soignants qui n'arrivent plus à se rendre au travail. Dans une clinique du quartier de Nouville, la relève du personnel ne peut se faire que par la mer, comme on le voit dans la vidéo ci-dessus. 

Les infirmiers libéraux, eux, s'organisent comme ils peuvent pour se répartir le travail, en prenant chacun en charge les patients des quartiers dans lesquels eux-mêmes sont bloqués. Même inquiétude pour les femmes enceintes, à qui il est impossible de se rendre à la maternité. Plusieurs auraient déjà accouché chez elles ou au bord de la route, selon une sage-femme de Nouméa contactée par TF1. 

Dans les zones épargnées par les émeutes, les habitants parviennent encore à trouver des médicaments. Mais les stocks des pharmacies diminuent de jour en jour. Le personnel soignant des établissements de soin demande désormais à tous les nouveaux patients de venir à l'hôpital avec leurs propres vivres, faute de pouvoir les nourrir.


La rédaction de TF1info | Reportage : Antoine Bourdarias, Corinne Chevreton

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