Le mouvement contre la réforme des retraites se poursuit dans plusieurs raffineries françaises.
Le nombre de stations touchées par la pénurie de carburants se maintient.
Dans l'ouest du pays, de nombreuses pompes sont à sec.

Devant l'une des stations-service de Bourgneuf-en-Retz, en Loire-Atlantique, les voitures passent désormais sans s'arrêter. Pour cause, elle a fermé ses portes, faute de pouvoir alimenter ses cuves. Le gérant, lui, est assailli d'appels. "Ce n'est pas la peine de vous déplacer, gardez votre carburant pour l'instant", répond Emmanuel Bouyer à l'un de ses clients, au bout du fil. "J'ouvre la station à 6h30 d'habitude, donc dès cette heure-là, on m'appelle pour savoir si j'ai du carburant", explique-t-il dans le reportage du 20H de TF1 ci-dessus. 

Le département est l'un des plus touchés par la pénurie engendrée par le mouvement de contestation contre la réforme des retraites, qui a été marqué ce mardi 28 mars par sa 10e journée de mobilisation. Près de la moitié des stations du territoire manquent d'au moins un carburant, tandis que les expéditions sont interrompues à la raffinerie de Donges, selon la direction du site.

Deux semaines sans livraison

La petite station d'Emmanuel Bouyer n'est plus approvisionnée depuis plusieurs semaines : "La dernière livraison remonte à bientôt quinze jours. On a tenu une semaine avec le camion, puis on est tombés en panne jeudi de la semaine passée", rembobine le gérant. Un client tente malgré tout sa chance, un conducteur de travaux qui a besoin de remplir son réservoir, mais il doit vite se rendre à l'évidence. "Il n'y a rien, donc je ne sais pas comment je vais rouler demain", lance-t-il. 

Au nord de Nantes, les automobilistes sont aussi à la dérive. "C'est la cinquième ou la sixième station que j'essaie... Maintenant, je vais me rabattre sur le télétravail, je n'ai pas trop le choix", se résout l'une d'eux. "Quand il y a du carburant, ça ne dure pas longtemps", constate un autre, qui multiplie aussi les tentatives.

Celles qui ne sont pas touchées par les difficultés voient les clients se multiplier, ce qui fait rapidement baisser leurs propres réserves. "On a été obligé de fermer sur les coups de 12h30, 13h, puisque l'affluence est telle que nous n'avons plus les volumes pour assurer la livraison pour tout le monde", souligne Ivan Jicquel, gérant d'une station Intermarché à la Chapelle-sur-Erdre, qui attend d'être à nouveau livrée mercredi matin. 

Parmi les stations qui parviennent à rester ouvertes, certaines font aussi le choix de limiter leurs ventes, par exemple en arrêtant la pompe au bout de 30 litres débités. "Si ça peut permettre à tout le monde d'avoir de l'essence, c'est très bien", salue un conducteur. 

Plus de 15% des stations toujours touchées à l'échelle nationale

Dans le reste du territoire, le Sud et l'Île-de-France sont aussi particulièrement affectés par ces pénuries. La raffinerie TotalEnergies de Normandie est à l'arrêt, tout comme celle d'Esso-ExxonMobil à Port-Jérôme-Gravenchon, en Seine-Maritime. Du côté de la bioraffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, les expéditions sont toujours bloquées, tandis que celle de Fos-sur-Mer continue à fonctionner de manière "ajustée", avec quelques expéditions. 

À l'échelle nationale, on comptait ce mardi matin 15,52% des stations-service en pénurie d'au moins un carburant, un chiffre en très légère augmentation par rapport à la semaine passée (15,14%), selon des données publiques analysées par l'AFP. En revanche, le nombre de stations complètement à sec recule modérément : 6,89% d'entre elles sont concernées ce mardi, contre 7,65% la semaine passée. "Aucune réquisition n'est en cours dans les dépôts et raffineries à cette heure", a précisé le ministère de la Transition énergétique en fin de journée.


M.L | Reportage TF1 Marine Giraud et Fanny Bourdillon

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