Elisabeth Borne rejette le passage des 130 aux 110 km/h sur les autoroutes

M.L (avec AFP)
Publié le 15 novembre 2022 à 9h47, mis à jour le 15 novembre 2022 à 10h08

Source : TF1 Info

La Première ministre a balayé lundi soir la proposition de réduire la vitesse de la Convention citoyenne pour le climat sur les autoroutes à 110 km/h.
Tout en reconnaissant l'intérêt de la mesure pour faire des "économies", elle a estimé que l'"imposer aux Français" n'était "pas la bonne voie".

Par peur de "fracturer" les Français, Elisabeth Borne a fermé la porte à une baisse de la vitesse sur les autoroutes. La Première ministre a estimé lundi que ce n'était "pas la bonne voie" d'"imposer aux Français" de passer de 130 à 110 km/h sur ces voies. Il existe "des gens qui ont besoin de se déplacer sur autoroute et qui peuvent avoir des contraintes de temps", a-t-elle déclaré sur BFMTV, réagissant à des scénarios climatiques fiction sur l'état de la France en 2050.

"Dans le cadre du plan de sobriété présenté il y a quelques semaines, on a demandé aux fonctionnaires de l'État de limiter leur vitesse à 110 km/h quand ils utilisent des voitures de service ou de fonction", a rappelé la cheffe de l'exécutif, qui a souligné que cette conduite permettait de "réduire de 20% sa consommation" de carburants. Mais elle a refusé d'étendre la règle à tous les Français. "C'est important d'informer sur les économies qu'on peut faire en roulant moins vite, sur l'intérêt que ça peut présenter pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais on ne peut pas fonctionner à coup d'interdictions", a-t-elle plaidé.

Ne pas "empiler des mesures contraignantes sur nos concitoyens"

"Le défi, c'est de répondre à la hauteur, de prendre des mesures fortes et en même temps de ne pas fracturer la société, de ne pas laisser des gens sans solutions", a insisté Elisabeth Borne. "Si on n'est pas attentif à embarquer tout le monde, à un moment donné, on n'avancera pas", a-t-elle ajouté, disant ne pas vouloir "empiler des mesures contraignantes sur nos concitoyens". Le président Emmanuel Macron avait par exemple dû abandonner un projet de taxe carbone après la levée de boucliers du mouvement des Gilets jaunes en 2018.

Le passage aux 110 km/h figurait parmi les propositions de la Convention citoyenne pour le climat en 2020, mais avait été écarté par Emmanuel Macron. À ce moment-là, Elisabeth Borne avait affirmé être favorable "à titre personnel" à une telle mesure. 

Fin octobre, une dizaine de personnalités, dont les réalisateurs Yann-Arthus Bertrand et Cyril Dion ou encore l'ingénieur Jean-Marc Jancovici, ont annoncé dans une tribune au Journal du Dimanche avoir adopté la conduite à 110 km/h, appelant à généraliser ce réflexe"Rouler à 110 km/h plutôt qu’à 130 km/h, c’est -20 % de carburant consommé, et -20 % sur nos émissions de gaz à effet de serre. Rouler à 110 km/h, c’est également faire baisser la mortalité routière, les dommages corporels et contribuer à réduire les embouteillages", plaident-ils. Selon un sondage relayé par Le Parisien, près de sept Français sur dix se disent prêts à abaisser à 110 km/h leur vitesse sur l'autoroute. 

Par ailleurs, la cheffe du gouvernement a estimé lundi soir qu'il était "important de consommer peut-être moins de viande mais de la viande de meilleure qualité et d'éviter la viande importée". Elle a aussi affirmé se déplacer, "dès que c'est possible, en train" mais que ses "contraintes assez lourdes" d'agenda l'empêchaient d'éviter complètement l'avion, gros émetteur de gaz à effet de serre.


M.L (avec AFP)

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