Amputé des bras et des jambes, le nageur français de 21 ans s’apprête à réaliser un défi exceptionnel : traverser le lac Titicaca au Pérou. Nous l’avons rencontré pendant sa préparation.

Rien ne lui résiste, ni les épreuves de la vie, ni les plus grands défis sportifs. Pour l'instant, il s'entraîne en France, mais dans quelques jours, Théo Curin tentera de traverser le lac Titicaca à la nage. “On est en ce moment même sur le lac Matemale dans les Pyrénées pour entraîner. On nage la plupart du temps sans combinaison pour s'entraîner à avoir froid”. Il ne sera pas seul dans cette aventure. Malia Metella et Mathieu Witvoet l'accompagneront. “Ça va faire un an qu'on s'entraîne ensemble, qu'on vit presque ensemble”. Au Pérou, le trio devra tracter à tour de rôle un radeau de 500 kilos. À son bord, de la nourriture lyophilisée, du filtre à eau et des vêtements chauds.

Le lac Titicaca, le plus haut de la planète, culmine à 3 800 mètres. Difficile d'y respirer, surtout en plein effort. Pour Théo, cet exploit vaudrait toutes les médailles. Lui qui, depuis son plus jeune âge, rêvait de l’or paralympique. Mais en compétition, les classifications de handicap ne lui laissent aucune chance. “Ça fait deux ans que je faisais face à des inégalités. C'est-à-dire que je nageais contre des mecs qui avaient leurs deux mains, donc forcément, ils étaient très avantagés par rapport à moi”. Qu'importent les déceptions, surtout pas d'amertume. Enfant, Théo a frôlé la mort à cause d'une méningite foudroyante. Aujourd'hui, son appétit de vie est insatiable.

“Le handicap pas une barrière. Ce défi est une autre manière pour moi de prouver aux gens quoiqu’il puisse nous arriver, on peut faire des choses complètement dingues. Avec ce lac, on est à 3 800 mètres d'altitude, on a 30% d'oxygène en moins. Donc, on a dû préparer l'altitude”. Voilà pourquoi il s'entraîne en hypoxie, c'est-à-dire dans une salle avec un faible taux d'oxygène comme sur les hauteurs péruviennes. Depuis plus d'un an, les corps sont à l'épreuve. “Chacun d'entre nous a craqué à son échelle. Je me souviens à Annecy, j'ai fait 1h30 dans l'eau à 8°. À la fin, je pleurais de souffrance, de difficultés. Théo et Malia étaient là”.

Complicité, solidarité... C'est la force de ce trio et l'une des clés pour réussir ce pari un peu fou. Sur le lac sud-américain, ils nageront sans assistance en totale autonomie. Sur leur radeau, ils partageront la même tente. Parfait pour se tenir chaud. Début de la traversée du Titicaca le 10 novembre. Sur le lac sacré, avec ses deux équipiers à ses côtés, Théo veut un peu plus encore repousser ses limites.


La rédaction de TF1info

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