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Haut potentiel intellectuel : comment savoir si son enfant est surdoué ?

Maxime Magnier
Publié le 8 juin 2021 à 16h51
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

DÉTECTION - Moins de 3% de la population mondiale serait HPI. Une proportion bien plus élevée de parents sont pourtant persuadés que leur enfant fait partie du lot. Comment en avoir le cœur net ?

La plupart des parents en ont la certitude : leur progéniture a quelque chose de spécial, un je-ne-sais-quoi qui la rend unique, peut-être même surdouée. Les chiffres, eux, sont plus cruels : d'après l'Organisation mondiale de la santé, le taux d'enfants intellectuellement précoces (EIP) scolarisés de 6 à 16 ans s'élève à 2,3%. En France, cela représenterait environ 200.000 enfants. Dès lors, pour en avoir le cœur net, les parents ont une marche à suivre.

"Pour moi, ma fille est parfaite", assure une maman à TF1 dans la vidéo en tête de cet article. "Ça m'est déjà arrivée de me poser la question" qu'elle soit Haut potentiel intellectuel (HPI), poursuit-elle. Une autre mère souligne qu'il est "tellement facile" d'espérer, voire de penser que son enfant faire partie de cette catégorie.

Christophe d'Erceville, chef d'établissement de l'école Notre-Dame de la Gare - Sainte-Jeanne d'Arc, à Paris, a, lui aussi, constaté cette forte propension des parents à imaginer que leur progéniture est douée d'une intelligence exceptionnelle. "On constate qu'on a de plus en plus d'enfants qui passent des tests, pas forcément à notre initiative", précise-t-il.

De son côté, Stéphanie Aubertin, psychologue, neuropsychologue, psychopédagogue et membre du comité d’experts de l’ANPEIP (Association nationale pour enfant intellectuellement précoce), nous rappelle qu'un haut potentiel intellectuel se manifeste "par des capacités cognitives supérieures" et un "écart significatif avec la majorité de la population"

Il y a une grande part de génétique dans l'intelligence

Stéphanie Aubertin

Pour la spécialiste, les parents peuvent envisager que leur enfant est concerné s'il présente "une avance dans le développement", par exemple en commençant à "parler tôt - même s'il peut commencer à parler tard et être HPI également -, apprendre à lire seul, compter facilement" et, de manière générale, en étant "en avance sur les autres." Un autre indice peut aussi mettre la puce à l'oreille des parents, car "il y a une grande part de génétique dans l'intelligence. Donc l'un des deux - ou les deux - parents d'un enfant HPI le sont eux-mêmes ou ont exprimé les capacités de manière différente."

Pour autant, Stéphanie Aubertin rappelle aussi que "seul le test peut déterminer si un enfant est HPI, puisqu'il évalue des performances cognitives. Normalement, le seuil est à 130 de quotient intellectuel (QI)."

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Nicolas Gauvrit, chercheur en sciences cognitives et auteur de plusieurs livres sur les hauts potentiels intellectuels, nous explique que les tests d'intelligence ont vocation à "essayer d'avoir une vue assez large, et y on inclut donc des épreuves qui portent, par exemple, sur la mémoire, la vitesse, etc." Le spécialiste recommande donc, pour confirmer qu'un enfant présente un haut potentiel, de lui faire passer un test officiel chez le psychologue.

Une jeune élève, Clémence, en a passé un lorsqu'elle n'avait que six ans. "Je devais être en CP quand la maitresse a indiqué à mes parents que j'étais un peu au niveau au-dessus", raconte-t-elle à TF1. Au bout du compte, la fillette a présenté un très impressionnant QI de 145. Ses parents lui ont donc fait sauter une classe, et la réussite est au rendez-vous : aujourd'hui en sixième, l'adolescente culmine à 17/20 de moyenne. 

Mais l'option est loin d'être une obligation. Stéphanie Aubertin met même en garde : "il faut bien réfléchir" avant de faire sauter une classe à son enfant. Car si "certains le vivront bien, c'est moins le cas pour d'autres". Il faut dès lors, notamment, "s'assurer que d'un point de vue cognitif, l'enfant peut suivre la classe supérieure".


Maxime Magnier

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