Le profil type des émeutiers de juin ? Des hommes très jeunes, nés en France et sans antécédents

par A. LG avec l'AFP
Publié le 11 septembre 2023 à 18h34

Source : JT 20h Semaine

Une étude commandée par les ministères de l'Intérieur et de la Justice à l'Inspection Générale de l'Administration et celle de la Justice a permis de dresser un portrait robot des émeutiers de juin.
Il en ressort que ces derniers étaient en majorité des hommes, jeunes, sans diplôme et revendications idéologiques.

Le profil type des auteurs des violences urbaines consécutives à la mort du jeune Nahel en juin dernier, s'affine. "Les condamnés sont majoritairement des hommes (91%) de nationalité française, âgés de moins de 25 ans, n'ayant pas de diplôme ou de niveau d’études secondaires, inactifs ou employés, célibataires et sans enfant et en majorité sans antécédents judiciaires", conclut un rapport interministériel consulté par l'AFP. 

Commandé le 28 juillet dernier par les ministères de l'Intérieur et de la Justice à l'Inspection Générale de l'Administration (IGA) et celle de la Justice (IGJ), ce dernier s'appuie sur une analyse statistique et des entretiens avec des acteurs publics et associatifs.

De nationalité française et nés en France

Dans le détail, sur le panel de 385 condamnations définitives étudiées, il ressort que les mis en cause sont à 79% de nationalité française et nés pour les trois quarts en France.

"Selon la préfecture de police pour sa zone de compétence (Paris et petite couronne ndlr), une grande majorité des émeutiers interpellés sont des jeunes individus de nationalité française, mais originaires de l'immigration (2e ou 3e génération), principalement du Maghreb ou d'Afrique subsaharienne", est-il écrit.

"Opportunisme et influence du groupe"

En qui concerne les motivations, "la plupart des condamnés n'expriment pas de revendications idéologiques ou politiques affirmées". Par exemple, l'émotion provoquée par le décès de Nahel est invoquée dans moins de 8 % des cas et plutôt par les auteurs résidant à Nanterre ou en région parisienne. À noter toutefois que les mis en cause, par souci évident de défense, ont été peu loquaces sur les faits lors de leurs auditions, reconnaissent les auteurs du rapport. 

Sur leur profil judiciaire, il y aurait eu dans ces rassemblements des "noyaux durs" constitués de personnes déjà bien connus des services, qui auraient agrégé une foule plus hétéroclite. "L'opportunisme et l'influence du groupe ressortent prioritairement des propos. De nombreux auteurs invoquent même la curiosité et le besoin d'adrénaline", selon l'étude. 

Au 1er août, "2107 personnes ont été jugées, 1989 ont été condamnées", dont 90% "à une peine d'emprisonnement", selon le ministère de la Justice. 


A. LG avec l'AFP

Tout
TF1 Info