Légumes, poulet, vins, fromages : le point sur ce que la France importe et exporte

par V. F | Reportage TF1 : Joséphine de Franqueville et Tiphaine Leproux
Publié le 28 janvier 2024 à 9h46, mis à jour le 28 janvier 2024 à 14h14

Source : JT 20h WE

La protection du marché français face à une concurrence étrangère, jugée déloyale, fait partie des revendications de certains agriculteurs.
Un principe qui aurait ses gagnants, mais aussi ses perdants, notamment les filières très exportatrices.
La France importe aussi beaucoup de produits de grande consommation, comme un poulet consommé sur deux, avec des conséquences sur les prix.

Que vous vous baladiez dans les rayons d'une grande surface ou sur la place d'un marché, la moitié des légumes que vous trouverez sur les étals sont importés. Même chose pour les poulets : un sur deux vient de l'étranger, la plupart de l'Union européenne. Et il est impossible d'en bloquer l'importation, selon le principe de libre circulation des marchandises. "Aujourd'hui, le marché agricole européen, c'est un marché commun, sans droits de douane et de manière totalement libre entre les opérateurs", explique Pierre-Marie Aubert, directeur du programme Politiques agricoles et alimentaires à l'IDDRI, dans la vidéo du JT de TF1 en tête de cet article.

On peut se retrouver à finalement signer des accords de libre échange qui vont pas correspondre aux préférences d'un seul pays.
Alessandra Kirsch, directrice des études "agriculture stratégies"

Le problème, c'est que les prix ne sont pas les mêmes. Une pomme française est ainsi vendue deux fois plus cher qu'une pomme polonaise. Pour harmoniser le prix des pommes européennes, il faudrait que les salaires soient les mêmes, que l'électricité coûte le même prix, que la fiscalité et les normes environnementales soient identiques partout en Europe. Bref, on en est loin. Qu'en est-il des produits qui viennent d'autres continents ? De la viande bovine brésilienne par exemple, élevée avec des antibiotiques et des hormones de croissance interdits chez nous. Ce sont les traités internationaux qui permettent les importations agricoles et la France peut choisir de les encourager ou de s'y opposer. 

"La France s'oppose de manière claire, comme elle l'a fait depuis le premier jour par la voix du Président de la République, à la signature du traité Mercosur", avait insisté Gabriel Attal lors de sa venue vendredi en Haute-Garonne. Pour autant, ces traités sont négociés à la majorité qualifiée au niveau européen. La France n'est pas la seule à décider. "La France peut avoir envie de préserver ses agriculteurs et pas être d'accord pour signer un accord qui fait rentrer de la viande bovine. Mais derrière, on peut avoir une grosse puissance qui est influente, comme l'Allemagne qui, elle, souhaite vendre des véhicules. Donc, c'est comme ça qu'on peut se retrouver à finalement signer des accords de libre échange qui vont pas correspondre aux préférences d'un seul pays", reconnaît Alessandra Kirsch, directrice des études Agriculture Stratégies. 

La France a aussi intérêt à exporter, notamment son vin. Cela nous rapporte plus de 15 milliards d'euros par an. Pareils pour les fromages, nous en avons vendu 18.500 tonnes au Canada, dans le cadre d'un traité signé en 2017. En contrepartie, on a dû accepter d'importer leur colza. Les gagnants sont nos viticulteurs et nos éleveurs laitiers. Les perdants, nos producteurs de colza. En définitive, les seuls qui puissent vraiment choisir de consommer français, ce sont les clients dans les rayons.


V. F | Reportage TF1 : Joséphine de Franqueville et Tiphaine Leproux

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