Le 20h

Les Français et la ponctualité : mais pourquoi certains sont-ils toujours en retard ?

TF1 | Reportage David de Araujo, Frédéric Mignard
Publié le 5 mai 2022 à 13h28
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Les Français n'ont pas la réputation d'être toujours à l'heure.
Est-ce une vile calomnie ou y aurait-il un fond de vérité ?
Une équipe de TF1 a traqué les retardataires.

En théorie, l'heure tourne à la même vitesse pour tout le monde. Mais en pratique, à chacun son fuseau horaire. Il y a ceux qui attendent et ceux qui courent après la montre. Deux visions du temps qui ne se comprennent pas, deux approches si différentes de la ponctualité.

Premier rendez-vous fixé à midi en gare de Vannes, où nous attendons Brigitte. 12h15, 12h30... On s'attendait à patienter un peu, mais pas à ce point. "Comme j'étais un peu en avance, je suis allée faire une course, et puis voilà, je me suis un petit peu fait piéger dans l'horaire. Dans 3, 4 minutes, je ne suis pas trop loin là", assure-t-elle au téléphone. Vingt minutes plus tard, soit une heure d'attente, elle finit enfin par arriver.

Brigitte est ce qu'on appelle une retardataire chronique. Pas comme son mari, qui est très à cheval sur l'horaire. Ils en sont à 44 années de vie commune... et de reproches. "Ça m'énerve beaucoup quand je l'appelle, elle utilise toujours ce fameux SMS qu'elle a dû enregistrer : 'j'arrive'. On ne sait pas quand, mais ça veut dire : 'je suis vivante'", ironise-t-il. Une rare étude sur la ponctualité révèle que Jacques serait monochrone. Il organise son temps de manière linéaire selon des rendez-vous précis et figés. À l'inverse, sa femme est ce qu'on appelle polychrone. Une vision plus souple qu'on retrouve dans les cultures du Sud. Sa journée se divise non pas en rendez-vous, mais en succession de tâches à réaliser, peu importe à quelle heure.

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Dans de rares cas, le retard chronique peut traduire un trouble du comportement, une forme d'anxiété sociale. Mais le plus souvent, c'est juste une mauvaise habitude. "Lorsque l'on est un retardataire chronique, ou récidiviste, c'est que quelque part notre environnement nous autorise à être en retard", explique Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne. "Ceux qui sont tout le temps en retard au travail le sont rarement par exemple lors d'occasions importantes comme la naissance d'un enfant, un mariage ou un enterrement", poursuit-elle.

Et si on cessait de subir des horaires imposés ? La métropole rennaise entend changer ces habitudes avec un service au nom étonnant, le bureau des temps. À l'aide d'un logiciel, l'équipe de la responsable Hélène Reveillard entend remettre en cause un concept insupportable : l'heure de pointe. 

"Le matin, on constate un vrai pic à 8h30 alors qu'à 8h45 et à 9h15, il est quasiment divisé par deux. Ce qui veut dire qu'à un quart d'heure près on peut éviter les bouchons. Cela peut nous amener à redéfinir nos horaires de travail et arriver plus tard au bureau, sans pour autant être en retard", développe-t-elle. S'accorder quelques secondes n'est pas donc pas nécessairement une perte de temps, mais reste à s'assurer que personne ne vous attend.


TF1 | Reportage David de Araujo, Frédéric Mignard

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