5G : le très haut-débit mobile va tout changer

Destructions d'antennes téléphoniques 5G : qui sont les incendiaires ?

TF1
Publié le 9 mars 2021 à 11h49, mis à jour le 9 mars 2021 à 11h56
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Source : JT 13h WE

ENQUÊTE - Depuis un an, 121 antennes-relais de téléphonie mobile ont été dégradées en France. Des actes de vandalisme qui commencent à peser sur les opérateurs, mais aussi sur la population.

C’est un fléau qui prend de l'ampleur en France. Ces dix derniers mois, 90 sites de réseau 5G ont été dégradés, entraînant l’interpellation de 31 personnes par les gendarmes. Dans l’agglomération toulousaine, ce sont quatre antennes-relais qui ont été incendiées ces deux dernières semaines. Nicolas Periers a été le premier à alerter les secours alors que sa maison se situait à une centaine de mètres d’une antenne incendiée en juin 2020 : "Au début, je n’ai pas du tout pensé que c'était un incendie criminel, mais plutôt un problème technique."

Si les auteurs n'ont pas été arrêtés, Didier Belair, maire de Pechbusque, dans la Haute-Garonne, la piste criminelle est à privilégier : "Pour mettre le feu à des équipements comme ça, il faut ramener quelque chose pour le faire brûler, vous ne mettez pas le feu seulement avec votre briquet." À quelques kilomètres de là, à Donneville, un pylône non équipé en 5G a pourtant été la cible des opposants.

L'incendie a tout détruit et la réparation aura un coût important pour les opérateurs. "La structure est encore entière et les réparations vont être faites sans changer le pylône. La réparation serait de l’ordre de 20.000 euros, alors que cela aurait coûté 200.000 euros s’il avait fallu changer le pylône", indique Bernard Crouzil, maire de Donneville.

Les anti-5G de plus en plus nombreux

Mais qui sont les auteurs de ces dégradations et incendies qui se multiplient ces derniers mois ? Le colonel Didier Plunian, sous-directeur de la police judiciaire à la direction générale de la gendarmerie nationale, détaille le profil de ces anti-5G : "Ce sont des personnes qui sont ancrées dans des idéologies fortes contre le progrès, le capitalisme ou la politique. Ils se revendiquent généralement de l’ultra-gauche. D’autres se sont radicalisés pendant ou après le mouvement des Gilets jaunes ou adhèrent à d’autres idées comme le complotisme par exemple."

Ainsi, à Foncine-le-Haut, dans le Jura, un homme de 39 ans a été condamné à quatre ans de prison pour avoir mis le feu à une antenne-relais et à des engins de chantier. En 2020, pendant des semaines, confiné chez lui, il s’était imprégné des thèses les plus folles, comme l’indique Me Sophie Lorimier-Baudot, son avocate : "Pour lui, c’est une antenne 5G, il faut faire quelque chose car personne ne fait rien, il se disait : 'On est confinés, on ne peut pas sortir donc ils en profitent dans notre dos pour massacrer la nature et permettre aux opérateurs de développer le 5G.'"

Des dégradations qui peuvent impacter tous les secteurs

Si les antennes-relais sont particulièrement visées, elles ne sont pas les seules à être attaquées, les centres de réseaux de communication étant également pris pour cible, comme à Crest, dans la Drôme. Un centre a été dégradé, privant 8.000 habitants de communication. Pour Philippe Daumas, délégué régional Orange Rhône-Durance, "les gens ne réalisent pas qu’on pénalise d’abord la population", alors que tous les opérateurs sont concernés.

Des dégradations qui ont également impacté l’hôpital du secteur, les urgences étant indisponibles entre 3 et 10 heures du matin. "Il y a une crainte de passer à côté d’un incident lors duquel on n’aurait pas pu porter secours, ou qui aurait entraîné des états de santé plus précaires", se désole Olivier Molinet, directeur délégué du centre hospitalier de Crest. Pour ces faits, les auteurs risquent une peine d’au moins deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.


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