VIDÉO - Manifestation de viticulteurs à Narbonne : le désespoir d'une profession à bout

par La rédaction de TF1info | Reportage : Mathieu Rio, Charles Arrigoni
Publié le 26 novembre 2023 à 14h54

Source : JT 20h WE

À Narbonne, des milliers de viticulteurs ont manifesté ce samedi.
C'est un mouvement de colère d'une profession qui se sent abandonnée.
La vigne a été éprouvée par plusieurs phénomènes météo consécutifs, et la concurrence étrangère n'arrange rien.

Les 4.000 manifestants, dans les rues de Narbonne, ont montré le malaise et la colère de toute une profession. Des vignerons, venus de tout le sud de la France, demandent plus de soutien de l’État. "On n'y arrive plus", témoigne l'un d'eux au micro de TF1, "parce que le climat est devenu complètement fou, et que l'État nous charge au maximum".

Les jeunes viticulteurs sont les plus touchés par le climat, et par l'inflation, alors qu'ils sont encore lourdement endettés. Parmi eux, notre équipe a rencontré Loïc Burillo, qui exerce son métier depuis une dizaine d'années dans l'Aude. Venir manifester à Narbonne est "la dernière chance", estime-t-il, "la dernière chose à faire avant qu'on soit morts"

Quand on est jeune, on en rêve de ce métier, et quand on est adulte, on en crève
Loïc Burillon, viticulteur à La Palme

Pour nous faire comprendre ses inquiétudes, Loïc nous a invités dans ses vignes, que l'on peut voir dans le reportage ci-dessus, durement touchées par la sécheresse. Il y a eu très peu de pluie cet automne, une "catastrophe" selon le jeune viticulteur. La vigne connaît une croissance au ralenti, et parfois bien pire. On compte 70% de rendement en moins sur les parcelles de Loïc, alors que ses charges augmentent, avec l'inflation. "Quand on est jeune, on en rêve de ce métier", soupire le vigneron, "et quand on est adulte, on en crève".

La détresse des acteurs de la filière s'exprime depuis plusieurs semaines, parfois avec des actions coup de poing. Au mois d'octobre, des cargaisons de vins étrangers avaient ainsi été bloquées et détruites à la frontière franco-espagnole. Ces importations sont contestées par le mouvement, qui estime que les prix de revient plus bas de la concurrence étrangère sont instrumentalisés par les négociants français. Les organisateurs ont promis que le mouvement se poursuivra tant qu'ils n'auront pas été entendus.


La rédaction de TF1info | Reportage : Mathieu Rio, Charles Arrigoni

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