Paul Pogba victime de "tentatives d'extorsion"

ENQUÊTE - "Des gens connus me demandent la réussite" : les secrets du business des sciences occultes

M.G | Reportage TF1 Paul Geli, Philippe Fontalba
Publié le 27 septembre 2022 à 16h51
JT Perso

Source : JT 20h WE

Incarcéré pour extorsion en bande organisée, Mathias Pogba continue d'accuser son frère Paul d'avoir eu recours à des pratiques occultes.
Une affaire qui met sur le devant de la scène un marché en plein développement.
Marabouts, voyants, médiums... Le 20H de TF1 a mené l'enquête.

Un marché en pleine explosion. Mises en lumière par la récente (et toujours en cours) affaire Pogba - Paul a récemment reconnu y avoir eu recours, mais seulement pour se prémunir contre les blessures -, les pratiques occultes feraient de plus en plus d'adeptes. TF1 mène l'enquête auprès de différents acteurs du milieu dans la vidéo du 20H ci-dessus. 

Poupées vaudoues, pattes de biche, ambiance mystique... pour cette sorcière, jeter des sorts est une pratique somme toute banale et même très demandée. Des journalistes sont allés à sa rencontre avec une demande bien précise : jeter un sort à un coéquipier. "Totalement (je peux le faire)", sourit Danaé Voyance. "On représente le joueur par cette poupée. Je vais la piquer et c'est vous qui allez me faire les demandes : 'je ne veux plus qu'il joue', 'je ne veux plus qu'il soit avec moi', 'je veux qu'il soit éliminé de l'équipe'...", explique-t-elle. "Au bout de huit jours, on aura un résultat."

Jusqu'à 5000 € la prestation

Pour elle, les sciences occultes sont un énorme business. Elle compte dans sa clientèle des influenceurs, stars de télévision ou sportifs professionnels. "Des gens connus dans le sport me demandent la réussite. Des gens connus dans les médias me demandent la réussite", souligne-t-elle. Chacune de ses prestations se révèle très lucrative. "Ça peut aller de 1000 à 4000 ou 5000 euros", confirme-t-elle. Et son carnet de rendez-vous est plein. "Pour la voyance, j'ai deux mois ou deux mois et demi d'attente. En magie, trois semaines ou un mois."

Le marché est porteur et beaucoup l'ont compris. Voyants, marabouts ou médiums... ils investissent toutes les plateformes en ligne pour se faire une communauté d'adeptes. Tous ont un point commun : ils promettent bonheur et réussite. 

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Mais attention, certains vendeurs de rêve sont parfois prêts à tout pour vous tirer de l'argent. Des prospectus, par exemple, promettent de résoudre tous nos problèmes moyennant paiement. Sur les pare-brises, dans les boîtes aux lettres, difficile d'y échapper. TF1 a alors tenté de rencontrer ceux qui se cachent derrière ces annonces. Sans succès. "Je ne dis à personne comment je travaille. C'est un secret." 

Qu'à cela ne tienne, une équipe a pris rendez-vous en caméra discrète. Dans un appartement des quartiers populaires de Marseille, ce marabout accueille ses clients en tenue traditionnelle. Quelques rituels, peu de paroles : 50 euros la séance pour aller mieux. Il faut ensuite payer un remède spécial à 450 euros et revenir dès le lendemain. 

Attention aux arnaques...

Certains finissent dépendants de ce genre de promesses. Victoria a accepté de débourser des sommes faramineuses chaque mois durant quatre ans. Tombée sous l'emprise d'un gourou, elle y a laissé près de 15.000 euros au total et une partie de sa santé à cause de potions et piqures douteuses. 

"Je ne peux plus travailler parce que j'ai des douleurs, des membres qui se tétanisent, des symptômes d'empoisonnement. Il m'a tout pris : ma santé, mon argent et il a failli avoir ma santé mentale", témoigne-t-elle, sous couvert d'anonymat. En détresse psychologique, elle s'est enfermée dans un engrenage sans fin. "Lui, il fait en sorte que notre état de faiblesse empire de jour en jour. Plus il empire, plus on se tourne vers lui et plus ça empire."

Le danger, c'est qu'on ne sait pas où ça s'arrête

Didier Pachoud

Ce genre de pratiques sont dans le viseur des autorités mais aussi des associations. Didier Pachoud croule ainsi sous des tonnes de dossiers similaires. Au départ, tous les scénarios se ressemblent. "Quand on est dans le désarroi, on a envie d'entendre certaines choses : 'ça va très mal mais si vous vous faites certaines choses, ça va s'améliorer'. Le danger, c'est qu'on ne sait pas où ça s'arrête", expose le président de l'association Gemppi. 

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Ces dernières années, le nombre de signalements pour ce type d'abus a explosé. On en compte près de 3000 par an dans l'Hexagone, soit 40% de plus qu'en 2015. 


M.G | Reportage TF1 Paul Geli, Philippe Fontalba

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