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Marqueterie de paille : un savoir-faire ressuscité

Publié le 12 novembre 2021 à 20h29, mis à jour le 16 novembre 2021 à 13h16
JT Perso

Source : JT 20h WE

On l'a longtemps surnommé l'or des pauvres. Cette paille offre un champ des possibles infini. C'est une matière de base de nos campagnes, humble, mais une fois teintée, elle devient précieuse par la main de l'artisan.

Lison a ressuscité la marqueterie de paille. Quand elle a repris l'atelier de son grand-père, la technique était démodée, vouée à disparaître. Plus aucune école ne l'enseignait. Il a donc fallu sauver la matière première. En Bourgogne, Jean-Luc est l'un des derniers céréaliers français à cultiver la paille de seigle pour la marqueterie. Une variété très ancienne, appréciée pour la longueur de sa tige, coupée manuellement, avant d'être teint dans cette marmite au feu de bois comme son père lui a appris. Mais à la fin des années 80, son père a failli tout arrêter, les commandes se font rares. Un seul artisan le supplie de continuer, Lison. Main dans la main, ils vont développer plus de 60 couleurs. C'est un succès. Aujourd'hui, elle n'est plus la seule cliente. Il exporte sa paille aux États-Unis, en Chine ou en Australie. La surface de son champ a été multipliée par dix face à la demande.

Dans l'atelier de Lison, le carnet de commandes et plein pour les six prochains mois. François est ébéniste de formation. Il a passé des centaines d'heures sur ce meuble. Lison forme des apprentis pour que ce savoir-faire ne disparaisse pas, car pendant vingt ans, elle était la seule en France à faire de la restauration en marqueterie de paille. Au fond de l'atelier, elle nous montre quelques trésors restaurés. Au XIXe siècle, ces coffrets étaient fabriqués par les prisonniers. Ému aussi de donner ses lettres de noblesse à la paille et l'associer désormais à de l'or ou des pierres précieuses. La paille de Bourgogne s'invite même dans les palaces au cœur de Paris. Voici son dernier chantier titanesque. Plus de six mois de travail pour habiller les murs de cet hôtel de luxe, 120 m² de paille. Ce chantier, Lison le dédie à son grand-père. L'or des pauvres s'exporte désormais partout dans le monde. La marqueterie de paille est sauvée.

TF1 | Reportage E. Despatureaux - J.F. Drouillet.


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