MANIFESTATION - Des agriculteurs bio se sont rassemblés ce mercredi place des Invalides à Paris, et dans plusieurs villes de France, pour protester contre la réforme de la Politique agricole commune. Une réforme qui les met "à poil" selon eux.

Après s'être mis littéralement à nu sur les réseaux sociaux cette semaine pour dénoncer des mesures qui les mettent "à poil", ils étaient cette fois habillés. Des agriculteurs bio venus de toute la France se sont rassemblés ce mercredi place des Invalides à Paris pour protester contre la réforme de la Politique agricole commune (Pac) envisagée pour les années 2023-2027.

Dans le cadre des négociations sur la Pac, le ministère de l’Agriculture a récemment présenté les premiers arbitrages de la France. Des arbitrages qui ont tellement déplu aux organisations écologistes et paysannes que nombre d’entre elles ont quitté le Conseil supérieur d’orientation le 21 mai dernier. Le ministre a annoncé que seules les conversions vers le bio seraient subventionnées, pour 340 millions d’euros par an, avec l’objectif d’atteindre 18% de surface biologique en 2027. 

Mais pour la Fédération nationale d'Agriculture biologique (Fnab), "ce budget est fictif et ne sera jamais dépensé", car "personne n’ira se convertir sans soutien durable". 

Manifestation des agriculteurs bio aux InvalidesSource : TF1 Info

"L’écorégime", une nouveauté de la Pac

L’une des principales nouveautés de la Pac est un "écorégime" qui subordonne le versement de plus ou moins un quart des aides directes, soit 1,6 milliard d’euro par an, à des pratiques vertueuses pour l’environnement. Le ministre défend un système "inclusif" qui laisse peu d’agriculteurs sur le bord de la route : cela subventionnera ceux qui maintiennent des prairies permanentes, plantent des haies, préservent des zones humides, et d’un autre côté l’agriculture bio et les HVE (Haute Valeur Environnementale). 

Or l’obtention de la HVE est conditionnée à des obligations beaucoup moins contraignantes que l’agriculture biologique. Les agriculteurs bio ne comprennent donc pas que les autres soient rémunérés de la même manière. 

Créée par le ministère de l’Agriculture, la HVE encourage et reconnaît les efforts des exploitations agricoles pour augmenter la biodiversité ou gérer l’eau, sans toutefois interdire l’utilisation de pesticides et d’engrais de synthèse, contrairement au bio. Un label qualifié de "greenwashing" ou verdissement de façade par ses détracteurs. 

C’est pourquoi, depuis quelques jours, les agriculteurs bio se mettent nu sur les réseaux sociaux pour dénoncer cette réforme. Parmi eux, Jean-Félix Billard, éleveur de vaches et de brebis, que TF1 rencontre dans le reportage en tête de cet article. "Le fait de nous retirer 66% des aides bio, ça nous met à poil", lance-t-il. Pour les agriculteurs, ces 66% représentent 132 euros par hectare et par an en moins. 

Ce sont pour toutes ces raisons que les agriculteurs se sont rassemblés ce mercredi aux Invalides, et dans plusieurs villes de France lorsqu’ils ne pouvaient pas se déplacer, comme en témoignent les tweets ci-dessus. 


LT avec AFP

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