Les vendeurs de mortiers d'artifice ont désormais l'obligation de signaler tout achat suspect, sous peine d'une amende de 1 000 euros.

Leur bruit donne de violents maux de tête aux forces de l'ordre. Les tirs de mortiers d'artifice, des chandelles dans le jargon des spécialistes, sont depuis déjà de longues années utilisés par les délinquants comme des armes. Des armes pourtant achetées souvent le plus tranquillement du monde. L'État veut quand même marquer le coup et durcir les conditions d'achat de ces produits dangereux dans les boutiques qui ont pignon sur rue.

“On ne vend pas ça aux particuliers, c'est clair. On a quand même des gros diamètres. Plus c'est gros, plus c'est dangereux et plus ça a de la puissance. Le patron des lieux le reconnaît lui-même, certains de ses clients n'ont vraiment rien d’artificier professionnel. “Des gamins de 18 ou 20 ans qui viennent en acheter une dizaine comme ça par exemple pour, pour nous, ça c'est suspect”.

Depuis lundi, le ministère de l'Intérieur réclame donc au commerçant de signaler tout comportement jugé anormal. Par exemple, un client qui refuse de donner sa carte d'identité ou de dire pourquoi il achète ses produits pyrotechniques. Autre cas de figure à dénoncer : le refus de payer autrement qu'en espèces. “Si on nous demande de fournir toutes ces indications qui seront dans nos fichiers, on les transmettra forcément. On ne fait pas partie de la police non plus et on ne peut pas déterminer la véracité de leur dire”.

Pourtant, beaucoup d'experts comparent ce nouveau décret à un coup d'épée dans l'eau. Car la grande majorité des voyous accros aux mortiers les achètent le plus facilement du monde sur Internet sans le moindre contrôle. Selon ce spécialiste, certains pays européens sont beaucoup moins regardant que la France. “Vous allez facilement trouver en Pologne directement chez certains fabricants ou point de vente sans limite de quantité. Ce genre de produit qui vous sera livré en bas du quartier pour être facilement distribué”.

La loi prévoit pour l'heure une peine de 1 500 euros d'amende pour les détenteurs illégaux de ces chandelles. Une sanction jugée dérisoire par les forces de l'ordre.

TF1 | Reportage G. Brenier, J. Lacroix-Nahmias, C. Sebine, F. Le Goïc, A. Janon, N. Mariel


La rédaction de TF1info

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