VIDÉO - Cinq ans après l'incendie de Notre-Dame de Paris : les secrets insoupçonnés révélés lors de sa reconstruction

par Hamza HIZZIR | Reportage : Michel Izard, Bertrand Lachat
Publié le 31 mars 2024 à 21h05, mis à jour le 15 avril 2024 à 7h40

Source : TF1 Info

Le chantier de Notre-Dame de Paris entre dans sa dernière ligne droite.
Les travaux effectués pour restaurer la cathédrale ont mis au jour des découvertes inattendues.
TF1 vous les dévoile aux côtés de ceux qui œuvrent à cette renaissance.

À chaque chose, malheur est bon, dit le proverbe. "Moi, je dis qu’on doit maintenant positiver l’incendie, formule au micro de TF1 la conservatrice Marie-Hélène Didier. Passés l’émotion et le traumatisme, on se rend compte qu’on fait des choses qu’on n’aurait jamais pu faire en aussi peu de temps. En restaurant une petite partie, on augmenterait seulement notre connaissance de cette partie, mais là, on a tout." Notre-Dame de Paris n'avait pas livré tous ses secrets. Depuis cinq ans, le "chantier du siècle" a aussi agi comme une gigantesque radiographie du monument, et en a révélé de nouveaux. 

C’est un passé qui a ressurgi des blessures de l’édifice. Sur le chemin de la reconstruction, en refaisant les voutes là où elles avaient été percées par l’effondrement de la flèche, les architectes ont, par exemple, constaté que les pierres n’avaient pas toutes la même épaisseur. Du jamais-vu. "C’est la première cathédrale où on passe de 32,50 à 26 mètres", note l'architecte en chef Pascal Prunet dans le reportage du 20H en tête de cet article. Il s’agissait, pour les bâtisseurs, d’élever les murs au fil du temps, ce qui nécessitait, en surplomb, de la légèreté.

"Une des choses qui caractérisent le plus Notre-Dame de Paris, c’est d’avoir été un laboratoire, enfonce notre architecte. Pour moi, cela a été une vraie découverte dans ce chantier. Ce lieu a été un lieu d’invention pour faire en sorte que les structures soient de plus en plus raisonnées, de plus en plus stables, de plus en plus efficaces." Sans qu’on le sache, la cathédrale avait déjà été reconstruite, à maintes reprises, par subtiles retouches.

Car cela vaut aussi pour la charpente médiévale, entièrement brûlée par les flammes, et qu’il a donc fallu reproduire à l’identique, grâce à des anciens dessins. "En scrutant ces relevés très précis, on a pu découvrir que le chantier gothique avait évolué entre le début et la fin de la construction des charpentes. Et en fait, le système s’améliore pour devenir de plus en plus optimal, témoigne à son tour l'architecte Rémi Fromont. Aujourd’hui, on se retrouve à avoir les mêmes gestes et les mêmes discussions qu’ont eus les maîtres d’œuvre et les charpentiers au XIIIe siècle. On a engrangé une expérience folle, sur ce projet d’une très grande ampleur, d’une très grande complexité, d'une très haute qualité technique et patrimoniale."

Ailleurs, sous un masque de crasse, les colonnettes de la tribune du chœur abritaient un autre secret. Quand on a appliqué une couche de latex pour les nettoyer, il s’est produit un phénomène chimique surprenant, qui a révélé des motifs inconnus et invisibles, notamment en forme de trèfle. "On a vu apparaître la trace du décor fait pour le baptême du prince impérial, en 1856, déduit Marie-Hélène Didier. Ce sont les fantômes de ces peintures, totalement corroborées par les dessins que l’on avait de l’époque."

Capture d'écran TF1

En raison des travaux, la cathédrale est en constante métamorphose, racontant à travers elle 2.000 ans d’histoire. En plein centre, à la croisée du transept, des fouilles préalables à la reconstruction de la flèche ont, elles, exhumé des trésors archéologiques, qualifiés de "découvertes majeures" par le ministère de la Culture : des cercueils en plomb de chanoines reposant là depuis le XVIIe siècle, ou des fragments de statues polychromes datant du XIIIe.

"Il faut imaginer qu’on a trouvé ces vestiges, dont certains remontent à l’antiquité, sous un échafaudage qui fait 100 mètres de haut et pèse 600 tonnes, se souvient l'archéologue Dorothée Chaoui-Derieux. Il y a une dizaine de têtes qui, au moment de leur découverte, avaient les yeux levés vers le ciel. Et donc face au visage de la personne qui fouillait. C’était vraiment un tête-à-tête très, très émouvant."

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Hamza HIZZIR | Reportage : Michel Izard, Bertrand Lachat

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