En Nouvelle-Calédonie, la situation reste très tendue.
Beaucoup d'habitants craignent que les communautés ne soient plus capables de vivre à nouveau ensemble.
Une équipe du 20H de TF1 a rencontré des habitants modérés, tous souhaitent que les hostilités s'arrêtent.

Policiers et gendarmes reprennent le contrôle d'un rond-point. Nous sommes à Kaméré, un quartier sensible au nord de Nouméa où un jeune Kanak a perdu la vie au début des émeutes. Les forces de l'ordre avancent, protégées par les blindés. "On pousse aujourd'hui un peu plus loin sur quelques centaines de mètres pour libérer la voie de circulation", explique le commissaire Christophe, chef du mouvement opérationnel CRS à Nouméa. Les barrages ont été démantelés dans le calme. Mais ceux qui les tenaient promettent de revenir. "Tant que ce ne sera pas terminé, on sera là", assure l'un d'eux.

Il faut rouvrir les routes, supprimer le couvre-feu, laisser les gens circuler librement en toute sécurité.
Fabrice Louyot, restaurateur en Nouvelle-Calédonie

Les forces de l'ordre prévoient de maintenir leur présence pour éviter que cela se reproduise. Les habitants, kanaks, du quartier voisin de Tindu ont assisté à toute l'opération. Là-bas, tous sont indépendantistes. Et s'ils comprennent la colère de la jeunesse, ils ne supportent plus la violence. "On a trop peur, on n'arrive pas à dormir",  confie une habitante dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Même certains papas, comme ils se surnomment, admettent ne plus réussir à calmer cette jeunesse kanak. "Les jeunes se révoltent à cause de leur identité, parce que pour eux, ils sont en train de la perdre", explique ce père de famille.  À l'heure où la Nouvelle-Calédonie s'embrase, le défi pour ses habitants est de maintenir le vivre-ensemble sur cette île qui mélange de nombreuses communautés.

"On partage les mêmes souffrances en ce moment", estime Fabrice Louyot, restaurateur. Son établissement a été pillé par des émeutiers. Lui et ses six employés kanaks sont au chômage technique. Il est persuadé que seul le dialogue et le travail en commun pourront sortir l'île de cette crise. "Encore faut-il qu'on puisse le faire. Pour cela, il faut rouvrir les routes, supprimer le couvre-feu, laisser les gens circuler librement en toute sécurité", détaille-t-il. 

L'équipe du 20H de TF1 l'a suivi dans son quartier au Nord de Nouméa, symbole de mixité, selon lui. Sur un barrage, le drapeau Kanak flotte à côté du drapeau français. Cohabiter dans la paix, c'est le message qu'il souhaite faire passer ici. "Nous, on est tous mélangés, on souhaite que tout cela se termine et que tout le monde s'unisse et revive comme avant", espère une habitante du quartier. Renouer avec ce que les Calédoniens appellent le destin commun.


La rédaction de TF1 TF1 | Reportage Ignacio Bornacin, Sylvain Roland, Quentin Danjou

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