Si la nuit dernière a été plus calme que les précédentes en Nouvelle-Calédonie, elle a aussi connu son lot d'incendies, d'affrontements et de coups de feu.
Dans ce climat insurrectionnel, de nombreux groupes d'autodéfense se sont constitués, ce qui inquiète au plus haut point les autorités.
Elles rappellent que ces regroupements avec des bâtons ou des armes à feu sont illégaux.

Ils se présentent comme un groupe de citoyens vigilants. Pour le troisième soir de suite, des habitants de Nouvelle-Calédonie ont bravé le couvre-feu afin de "protéger leurs maisons". Ils assurent qu'ils se contentent de surveiller le quartier sans jamais aller à l'affrontement avec les émeutiers et préviennent immédiatement la police en cas de débordements. "Mise en place de barrages pour éviter en fait les voitures-bélier", entend dire l'un d'eux dans le reportage en tête de cet article.

Ils disent ne pas être armés. Pourtant, un homme tient un bâton dans la main, un autre une pioche. Pour un expatrié, installé en Nouvelle-Calédonie depuis dix ans, ce sont des moyens de dissuasion. "Ça fait partie de l'intimidation, malheureusement. Je le déplore, mais on n'est plus vraiment au temps de la parole et le visuel fait pour beaucoup", explique-t-il.

Cet habitant assure qu'il fuira si le danger devient trop grand. Et c'est le cas de la plupart des personnes interrogées ce jeudi 16 mai 2024. Mais d'autres se disent, à visage découvert, prêts à tout pour se défendre. "Moi je avoue je suis avec mon arme tout le temps pour parvenir à toute situation", explique l'un d'eux, avant d'ajouter : "aujourd'hui c'est la sécurité de nos familles avant tout".

Aujourd'hui, la tension reste forte, sur une île où près d'un habitant sur trois possède une arme. La moitié est détenue illégalement.


La rédaction de TF1 Reportage - Julien Cressens, Corinne Chevreton, Patrice Bazerque.

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