Pour le troisième jour d'affilée, les agriculteurs du sud-ouest ont bloqué l'autoroute A64 entre Toulouse et Bayonne.
Plusieurs dizaines d'entre eux ont même passé la nuit sur l'axe routier.
Ils dénoncent leurs conditions de travail et leurs difficultés administratives pour bénéficier d'un salaire décent.

Aux premières lueurs, Cédric Baron est déjà au travail. Il a une cinquantaine de vaches à nourrir deux fois par jour. L'agriculteur bovin et céréalier de Montoussin, en Haute-Garonne, ne compte pas ses heures. "Il y a des matins, quand je dois partir plus tôt, je les soigne à 6h, 5h, ça dépend", raconte-t-il dans le reportage en tête de cet article. S'il est passionné par son métier, Cédric Baron est aussi inquiet : ses bêtes ne lui permettent pas de dégager un revenu suffisant. "En élevage, on a du mal à joindre les deux bouts. On ne décide pas du prix de vente. La seule chose qu'on pouvait maîtriser, c'est les charges, et ces charges-là on ne la maîtrise plus", alerte-t-il. 

"On se révolte. On en a marre de ça", fustige encore l'agriculteur dont le modèle est en péril à cause, notamment, des restrictions d'eau imposées chaque été. "Mon revenu est fait sur les cultures irriguées. J'ai beau essayer de mettre en place de nouvelles cultures, elles ne sortent pas de marge. Je travaille en négatif. Qui pourrait se le permettre ?", interroge-t-il.

On veut des mesures concrètes, on ne veut plus des paroles
Thomas Hernandez, salarié agricole

C'est pour alerter sur sa situation que Cédric Baron s'est rendu sur l'A64 pour participer au blocage de l'autoroute avec une centaine d'autres agriculteurs d'Occitanie. Les professionnels se sont relayés toute la nuit, avec une température qui a pu atteindre les -7°C. "On a dormi à deux dans un 4x4", confie Thomas Hernandez, salarié agricole. Samedi après-midi, une délégation a rendez-vous avec le préfet, à la demande d'Emmanuel Macron.

"Le problème, c'est que ça n'avance pas, on veut des mesures concrètes, on ne veut plus des paroles", affirme le salarié agricole alors que Cédric Baron l'assure : "On n'ouvrira pas l'A64 tant que nos revendications ne seront pas entendues. On craint personne". Déterminés, si rien ne bouge, ils envisagent même de boycotter le salon de l'agriculture.


La rédaction de TF1info | TF1 - Reportage Perrine Mislanghe, Jean-Marc Lucas

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