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VIDÉO - "On ne pouvait pas continuer", ces éleveurs et agriculteurs qui arrêtent le bio

par La rédaction de TF1info | Reportage : Guillaume Bertrand et Carlo Paredes
Publié le 20 mars 2023 à 7h30
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Source : JT 20h WE

En France, la vente des produits et aliments bio a chuté de 7,4 % en 2022.
Après des années de conversions, plusieurs milliers d'agriculteurs ont décidé de renoncer à l'agriculture biologique.
Le 20H de TF1 est allé à la rencontre de ces professionnels qui sont retournés vers le conventionnel.

Un choix difficile. Pour faire face à la crise économique, des agriculteurs bio ont décidé de renoncer à leur label pour revenir à l'agriculture conventionnelle. Malgré des années d'aides et de subventions pour la conversion de leurs cultures, les éleveurs et agriculteurs d'aujourd'hui ne s'y retrouvent plus. La vente de produits et d'aliments bio a chuté de 7,4 % en 2022. Les industriels et chaines de supermarché ne leur achètent plus leurs produits. Ils doivent alors rebondir pour survivre. Le 20H de TF1 a suivi deux agriculteurs, pour comprendre les raisons de leur changement de pratique agricole.

"N'ayant plus de débouché en Bio, on n'a pas d'autre solution que de revenir au conventionnel"

À Peyrat-de-Bellac en Haute-Vienne, TF1 est allée à la rencontre de Laurent Guglielmi. Depuis trois semaines, cet éleveur a arrêté de nourrir ses porcs avec des céréales bio. Une décision difficile, qu'il a prise à contrecœur. "On ne pouvait pas continuer. N'ayant plus de débouché en bio, on n'a pas d'autre solution que de revenir au conventionnel", explique l'exploitant porcin dans la vidéo en tête de cet article. 

En un an, la consommation de porc bio en France a diminué de moitié. Considérée comme trop cher, les industriels ont cessé d'acheter cette viande. Alors pour ne pas mettre la clé sous la porte, Laurent Guglielmi a fait ce choix. Il nourrit désormais ses 2000 cochons avec du blé classique. Un vrai gain selon lui : "Oui il y a une grosse différence de prix. On a un écart de 250 euros de la tonne du prix de l'aliment". Laurent l'explique : "70 % du prix de revient d'un porc, c'est de l'aliment". Ses porcs bio étaient boudés par les industriels. Aujourd'hui, il les vend, mais deux fois moins chers. Comme lui, l'année dernière, 8% d'éleveurs de porcs ont renoncé au bio. Seuls 3% s'y sont convertis.

L'année dernière, 8% des éleveurs de porcs ont renoncé au bio. Seuls 3% s'y sont convertis.
L'année dernière, 8% des éleveurs de porcs ont renoncé au bio. Seuls 3% s'y sont convertis. - JT 20H TF1 19/03/2023

Près de 3380 fermes ne font plus de Bio

En France, près de 3380 fermes ont cessé de faire du bio. C'est le cas de Paul Dupouy agriculteur de Montesquiou dans le Gers. En 2022, ses cultures bio, plus sensibles aux sécheresses que les conventionnelles, ont été abîmées. "Depuis l'année dernière, il n'a pas plu depuis quelque temps. On le voit bien", assure Paul. Jusqu'ici, pour enlever les mauvaises herbes, il n'utilisait pas de produits chimiques, mais son tracteur. Mais le prix du gazole a augmenté.  "Mine de rien, c'est vite sept/huit litres à l'hectare. À chaque passage. Donc chaque passage, cela coûte sept euros", souligne l'agriculteur. Pour éviter la faillite, pas le choix, Paul a "déconverti" ses cultures bio pour revenir au conventionnel.

Face à des rendements plus faibles et des acheteurs de plus en plus frileux, les professionnels du bio comptent maintenant sur le soutien des commerces. "Du Kebab à l'Étoilé en passant par le routier ou le bistrot, tout le monde a un rôle à jouer pour mettre du bio au menu. Parce que pour l'instant, on est à moins de 2% de bio dans les restaurants. Il faut qu'on augmente", affirme Laure Verdeau, directrice de l'Agence Bio.

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La rédaction de TF1info | Reportage : Guillaume Bertrand et Carlo Paredes

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