Travaux d'intérêt général, contribution financière… Le plan du gouvernement pour les "parents défaillants"

par Antoine LLORCA avec l'AFP
Publié le 10 décembre 2023 à 7h10

Source : TF1 Info

Dans un entretien à la Tribune Dimanche, la ministre des Solidarités et des Familles a dévoilé son plan pour responsabiliser les "parents défaillants".
Elle a également annoncé la création d'"une commission scientifique" pour "relever les défis de la parentalité d’aujourd’hui".

Une mesure choc en réponse aux émeutes de l'été dernier. La ministre des Solidarités et des Familles Aurore Bergé a annoncé samedi la mise en place de "travaux d’intérêt général pour les parents défaillants" et la création d'une commission qui fera des "propositions concrètes" pour "relever les défis de la parentalité".

"Avec la Première ministre et le garde des Sceaux, nous mettrons en place des travaux d’intérêt général pour les parents défaillants, le paiement d’une contribution financière pour les parents d’enfants coupables de dégradations auprès d’une association de victimes et une amende pour les parents ne se présentant pas aux audiences qui concernent leurs enfants", détaille la ministre dans un entretien à la Tribune Dimanche.

Une commission sur la parentalité

Aurore Bergé annonce également la création, dès lundi, d'"une commission scientifique, coprésidée par Serge Hefez (pédopsychiatre, ndlr) et Hélène Roques (autrice de "Sauvons nos enfants")" accompagnée par "des démographes, des magistrats, des pédopsychiatres, des philosophes". Ils auront "six mois pour me faire des propositions concrètes". Le but ? "Relever les défis de la parentalité d’aujourd’hui", selon la ministre.

Nos confrères précisent que les principales pistes de réflexion devraient concerner les options permettant d’épauler les parents dépassés, dénouer les conflits familiaux, prendre en charge la violence et les dépendances des jeunes.

Un "tour de France de la parentalité"

"J’ai une certitude : nous ne pouvons pas nous passer des parents, ni faire sans eux, ni contre eux", assure Aurore Bergé, qui entame ce lundi 11 décembre "un tour de France de la parentalité". Il débutera par  une première étape près d'Angers.

"Il y a clairement un enjeu d’autorité à restaurer, ce n’est ni ringard ni réac de le dire. On voit bien que des parents peuvent être dépassés, déboussolés face aux nouveaux risques : sédentarité, importance grandissante des écrans aussi. Et tous les milieux sociaux sont affectés", déclare la ministre. Ils "ne peuvent pas être les oubliés de nos politiques publiques". 

Elle se défend de vouloir "livrer un mode d’emploi, parce qu’il n’y en a pas". "En revanche, nous pouvons accompagner ceux qui se sentent seuls face à des moments de bascule, d’angoisse, ceux qui voient leur autorité disputée par des pseudo-experts qui se déploient sur TikTok", précise-t-elle.

Évoquant "ces mères de famille sortant dans la rue, le soir, pour récupérer leurs enfants et les remettre dans le droit chemin" lors des émeutes après la mort de Nahel tué par un policier, Aurore Bergé estime que "nous ne pouvons pas nous intéresser à la parentalité uniquement face aux crises""Ça signifie quoi, être des parents ? Et où est le second parent, souvent le père ? Les pères ne peuvent pas se résumer à une pension alimentaire. La société a fini par s’accommoder du fait que les femmes assument seules certaines missions auprès des enfants", relève-t-elle.


Antoine LLORCA avec l'AFP

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