Le 20h

De plus en plus de grossesses tardives en France : mamans après 40 ans, elles témoignent

V. Fauroux - T F1 | Reportage : Laura Adda, D. Pires
Publié le 9 février 2022 à 20h36
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Depuis les années 80, la fécondité des femmes entre 40 et 50 ans a plus que triplé.
Attendre le bon moment ou privilégier sa carrière, les raisons sont multiples.
Le 20H de TF1 a rencontré quatre femmes qui ont fait ce choix.

Être mère après 40 ans n’a plus rien d’exceptionnel. Selon l'Insee, leur nombre a même été multipliée par trois ces trente dernières années. L'organisme indique qu'en 2019, en France hors Mayotte, 42.800 bébés sont nés de mères âgées de 40 ans ou plus. Ainsi, 5,7% des naissances de 2019 sont des naissances dites "tardives", sachant que la mère a le plus souvent 40 ans (une sur trois) ou 41 ans (une sur quatre). Si, parmi ces quadragénaires, les trois-quarts accouchent de leur deuxième ou troisième enfant, il s'agit d'une première naissance dans 26% des cas. 

Pour Sophie Lagarrigue, par exemple, ce fut un choix délibéré. Jusqu'à 35 ans, elle n'avait eu aucun désir d'enfant. Interrogée par le 20H de TF1 sur les raisons qui l’ont poussé à attendre, elle s’explique : "Moi j’ai toujours privilégié ma carrière et ma vie personnelle. Par rapport à mon conjoint, je souhaitais être totalement indépendante. Je voyais tous mes copains qui, à partir de 25/30 ans, avaient des enfants et je me sentais un peu à part", dit-elle dans la vidéo en tête de cet article. 

Toutefois, quand elle décide d'être mère, cela va prendre bien plus de temps que prévu. Quatre longues années. "Personne ne m’avait jamais dit en fait qu’à partir de 35 ans la fertilité déclinait. Quand je suis tombée enceinte à l’âge de 39 ans, on m’a considérée comme une grossesse gériatrique", sourit-elle, ajoutant qu’elle s’est tout de suite sentie en décalage avec la façon dont la médecine la percevait. 

Malgré l'assistance médicale à la procréation, il y a quand même 1/3 des femmes de 40 ans qui n'arriveront pas à avoir cet enfant.

Professeur Joëlle Bellaïsch-Allart

Le nombre croissant de femmes qui deviennent mères après 40 ans s'expliquent notamment par l’allongement de la durée des études, la priorité donnée à la vie professionnelle ou encore les aléas de l’existence (union tardive, remariage, maladie...). Certaines quadragénaires comptent aussi sur les progrès en matière de procréation médicalement assistée. Mais parfois leur parcours est compliqué. 

La professeure Joëlle Belaïsch-Allart, cheffe de service gynécologie obstétrique au centre hospitalier des Quatre Villes à Saint-Cloud, qui accompagne ces femmes au quotidien, tire la sonnette d'alarme. "Malgré l'assistance médicale à la procréation et en dehors du don d'ovocytes, il y a quand même 1/3 des femmes de 40 ans qui n'arriveront pas à avoir cet enfant. Donc oui il y a de plus en plus de femmes de 40 ans qui accouchent, mais attention toutes les femmes de 40 ans qui veulent un enfant ne vont malheureusement pas y arriver", prévient-elle. 

10 fausses couches

Sophie Bourneuf, 41 ans, a ainsi mis trois ans avant de tomber enceinte de Liam. Bien plus que pour ses deux enfants nés d'une première union. Avec à la clé, 10 fausses-couches et un manque de considération des médecins. "On me l'annonçait souvent comme ça sans prendre de gant et un peu brutalement parce que je pense que les médecins quelque part se disent que c'est naturel, vous avez 40 ans, vous faites des fausses couches, c'est normal. Alors que ça a beau être plus fréquent, il n'empêche que c'est une expérience très difficile à vivre", regrette-t-elle.

Pour Céline aussi, le chemin a été laborieux. Elle a déjà trois enfants d'un premier mariage et bientôt 40 ans lorsqu'elle rencontre Sébastien. Il a 3 ans de moins qu'elle, et un rêve : devenir père. Après deux inséminations qui échouent, un an de tentative, les espoirs s’amenuisent. "Je me suis dit que c'était comme ça, je ne serais pas papa", se rappelle Sébastien. "Et puis, c'est arrivé." Leur bébé doit naître dans un mois. 

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De son côté, Sonia Lazowski, 44 ans, n'y croyait plus. Elle et son mari avaient accepté l'idée qu'ils n'auraient pas de troisième enfant. Pourtant, Joseph est arrivé naturellement. "On s'était dit que c'était une affaire classée et en fait pas du tout, c'est pour ça qu'on l'appelle un peu la pochette surprise", raconte-t-elle. Joseph a maintenant cinq ans, Sonia, elle, 50 ans et plus tout à fait la même énergie qu'elle a eu pour ses deux plus grands. "On ne va pas se mentir, on aura moins de patience et plus de fatigue. La grossesse, l'après, en plus Joseph n'a pas fait ses nuits tout de suite, tout s'est enchaîné. Donc parfois on est à deux vitesses parce qu'il y a le programme des ados et celui de Joseph", admet-elle. "Il faut essayer de conjuguer tout ça et c'est moins facile." 


V. Fauroux - T F1 | Reportage : Laura Adda, D. Pires

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