Un jour de honte et d'effroi pour l'Église catholique française. Le rapport sur les abus sexuels commis par des ecclésiastiques ou par des laïcs à l'intérieur des paroisses est dévastateur. Depuis les années 50, l'enquête a recensé 330 000 victimes.

Emmanuel Bailhache est l'une des 330 000 victimes de religieux et laïcs travaillant dans l'église. Régulièrement abusé par un prêtre pendant son adolescence, il connaît les mécanismes d'emprise que le rapport décrit. " J'avais conscience que ce n’était pas bien. Moi, j'en avais au bout, dingue, dingue, mais je mettais ça de côté en disant cet homme-là n'a pas plein de bonnes choses", dit-il. Entre 2 900 et 3 200 prédateurs sexuels au sein de l'église depuis 70 ans, 80% des victimes sont des garçons. Le rapport dénonce le silence de l'église et son inaction lorsque c'est fait lui son signalé. À Emmanuel, comme à toutes les autres victimes de pédophilie, l'église a demandé pardon ce matin.

Des mots, mais aussi des actes parfois très simples. Dans la paroisse de la Croix-Rousse à Lyon, le curé a décidé de faire vitrer toutes les portes de ses bureaux pour plus de transparence dans ses relations avec les fidèles. "Il n'y a pas d'ambiguïté sur le type de relation dont il s'agit à l'intérieur du bureau qui préserve malgré tout la confidentialité des propos", explique Père Laurent Jullien de Pommerol. Il organise aussi des rencontres avec les victimes d'abus sexuels. Dans son diocèse, 76 prêtres pédophiles ont été identifiés depuis 1950. "Dans de nombreuses occasions, j'avais la nausée parce que telle personne que je connaissais, telle communauté que je connaissais s'est retrouvée impliquée", se confie-t-il.

Partout, en France, le casier judiciaire des intervenants au sein de l'église devra être vérifié. La formation des prêtres doit aussi évoluer. Selon ces jeunes séminaristes lyonnais, les tabous liés au célibat n'ont plus leur place. Des psychologues interviennent déjà dans les séminaires et des protocoles d'alertes auprès de la justice sont mis en place. L'église envisage même de mettre fin au secret de la confession si des abus sexuels y sont révélés. Enfin, des commissions d'indemnisation des victimes devraient être mises en place très rapidement.


La rédaction de TF1info

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