Pénurie de carburants : de nombreuses professions en difficulté

Grève dans les raffineries : le Medef dénonce une prise "en otage" des Français par la CGT

Benoit Leroy (avec AFP)
Publié le 16 octobre 2022 à 15h00
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le patron des patrons, Geoffroy Roux de Bézieux, estime qu'après la signature d'un accord majoritaire, la grève doit cesser.
Il défend l'accord salarial proposé par la direction de TotalEnergies, qu'il estime être un "geste très significatif".
Il a appelé, également, le gouvernement à amplifier les réquisitions.

La colère du patronat. Ce dimanche, le patron des patrons, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux s'est insurgé contre le mouvement social qui touche les raffineries de TotalEnergies. Il a estimé, au micro de nos confrères de Radio JT, que "les 150 personnes des raffineries" en grève dans le groupe pétrolier "prennent les Français en otage". 

Geoffroy Roux de Bézieux a appelé, également, "à passer aux réquisitions". "Ce n'est pas une grève normale, le droit de grève a des limites. Les infirmières ne peuvent pas aller visiter leurs patients, les salariés ne peuvent pas aller travailler, l'ensemble du pays est bloqué, les pompiers, les taxis [...] Si on fait encore une semaine comme cela, avec ce type de pénurie d'essence, ça risque vraiment d'avoir un impact sur l'économie", a-t-il jugé.

On n'en peut plus, les gens sont à cran.

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef

Geoffroy Roux de Bézieux a dénoncé "une situation inacceptable pour les Français, dangereuse pour l'économie" en raison d'un "monopole de marché : c'est un peu comme les aiguilleurs du ciel, on ne peut pas avoir de l'essence sans passer par les raffineries de TotalEnergies ou celles d'ExxonMobil, ils ont un pouvoir de blocage dont ils abusent".

Face au droit de grève, le patron des patrons y oppose "un autre droit qui est celui de circuler, voyager, produire. On n'en peut plus, les gens sont à cran et les entreprises commencent à avoir un problème, car les gens ne peuvent plus aller travailler", a-t-il encore déclaré. 

Le Medef défend "la loi de la démocratie sociale"

Dans le même temps, le président du Medef, estime que la direction de TotalEnergies "a fait un geste très significatif" et validé par un "accord majoritaire". Il a mis en avant "la loi de la démocratie sociale". Un accord sur des augmentations salariales a été conclu dans la nuit de jeudi à vendredi avec deux syndicats majoritaires, la CFDT et la CFE-CGC. La CGT l'a refusé.

Cet accord prévoit une "enveloppe" globale de hausse des salaires de 7%, dont 5% d'augmentation générale, plus une part individuelle qui pourra différer selon les personnes. Il prévoit, en outre, une prime d'un mois de salaire, avec un plancher de 3 000 euros et un plafond de 6 000 euros. 

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La CGT campe sur ses positions et continue de réclamer 10% d'augmentation de salaire. Une hausse correspondant à "l'inflation plus le partage" des bénéfices engrangés par l'entreprise pétrolière, à savoir 5,7 milliards de dollars pour le seul deuxième trimestre (5,8 milliards d'euros).


Benoit Leroy (avec AFP)

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