Permis de conduire : faut-il conditionner son renouvellement à un suivi médical ?

par La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Marine Giraud, Renan Hellec et Florence de Juvigny
Publié le 17 juillet 2023 à 16h57

Source : JT 13h Semaine

La Première ministre doit annoncer lundi la création d'une qualification d'"homicide routier".
À cette occasion, la question du suivi médical est susceptible aussi d'être envisagée.
Une fausse bonne idée pour l'association de prévention routière même si les Français, eux, y semblent plutôt favorables.

C'est une revendication des associations de lutte contre les violences routières et des proches de victimes d'accidents de la route. La Première ministre Elisabeth Borne doit annoncer, ce lundi, la création d'une qualification d'"homicide routier", alors qu'actuellement, les actes des conducteurs ayant causé le décès d'une personne, même sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants, tombent sous le coup de l'"homicide involontaire".

Si cette annonce ne doit pas s'accompagner d'un alourdissement des peines encourues, a indiqué dimanche Matignon, le gouvernement défend un changement "à haute valeur symbolique". Pour rappel, pas plus tard que ce mois-ci, un automobiliste de 81 ans a percuté mortellement un homme, et ce moins de trois mois après avoir déjà tué quelqu'un sur le même boulevard.

Des visites "inefficaces et inopérantes"

En début d'année, l'humoriste Pierre Palmade avait, lui, grièvement blessé une famille dans un accident de la route sous l'emprise de stupéfiants. Autant de drames qui auraient pu être évités selon les familles de victimes et qui relancent la question du suivi médical des conducteurs. Ce dernier pourrait être envisagé à l'occasion du comité interministériel de la sécurité routière (CISR) présidé par Elisabeth Borne ce lundi. 

Une fausse bonne idée, estime l'association de prévention routière. "Aujourd'hui, on sait que les visites médicales obligatoires avec des espaces de dix ou de cinq ans sont inefficaces et inopérantes en termes d'accidentalité", explique, dans le reportage en tête de cet article, Anne Lavaud, déléguée générale. Plus que des visites médicales, l’association préconise des tests d’aptitude à différents âges en cas de pathologie ou de retrait du permis.

"On ne sait jamais"

Une monitrice d'auto-école, elle, préconise une visite médicale dès l’obtention du permis et à tout âge. "Le même principe que pour les professionnels de la route, c'est-à-dire à l'inscription et ensuite tous les 5 ans jusqu'à 60 ans puis tous les deux ans", détaille-t-elle.

Pour les automobilistes interviewés ce lundi, la mise en place d'une visite médicale qui s’adresserait en priorité aux personnes âgées ne fait pas vraiment débat. Y compris chez les seniors. "Je me sens de moins en moins en sécurité. J’ai encore de bons réflexes, mais quand même, on ne sait jamais", réagit l'une de ces principaux concernés. "Ça peut être une très bonne chose passé à un certain âge, par rapport à ses capacités physiques, ses capacités auditives, visuelles, etc.", abonde un autre homme interrogé.  "Il y a peut-être des anciens qui pensent bien conduire encore et qui ont des soucis", renchérit encore un troisième.

Actuellement, un contrôle médical peut s'avérer obligatoire pour garder son permis de conduire, notamment en cas d'infraction déjà constatée ou de signalement au préfet du département par un proche, rappelle le site de la Sécurité routière.


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Marine Giraud, Renan Hellec et Florence de Juvigny

Tout
TF1 Info