VIDÉO - Électricité : pour les boulangers, la demande d'aide vire à l'usine à gaz

Léa Tintillier | Reportage TF1 Sébastien Hembert et Charles Yzerman
Publié le 5 janvier 2023 à 11h08, mis à jour le 5 janvier 2023 à 14h38

Source : JT 20h Semaine

Les boulangeries consomment beaucoup d’électricité et les factures sont parfois multipliées par 10.
Le gouvernement a promis une aide, mais la demande tourne vite au casse-tête.
On a testé la demande d’aide en ligne avec deux boulangères du Nord.

Dans sa boulangerie, à Arleux (Nord), Nadège Jaspart campe devant son ordinateur. Elle essaye le simulateur sur le site des impôts pour vérifier si elle est éligible à une aide quelconque. Et ça commence très mal. Sur le site, on lui demande plusieurs années de chiffres d’affaires et ses factures d’électricité jusqu'octobre 2022. "Déjà, je ne peux pas commencer. Il faut déjà faire un travail en amont qui va me prendre pas mal de temps et puis pendant ce temps-là, je suis obligée de payer une vendeuse pour me remplacer", peste-t-elle. 

Les boulangers devront revenir sur le site des impôts pour y inscrire dans quelque temps les deux dernières factures de 2022. Mais Nadège préfère appeler son comptable. "On n’est pas une entreprise qui a un comptable sur place et pour s'occuper de tout ça. Si j’avais voulu être comptable, j’aurais été comptable. Si j’ai choisi la boulangerie, c’est pour justement pour ne pas faire de papier", rit Nadège. Au téléphone, Stéphane, le comptable, confirme que Nadège ne peut pas remplir le questionnaire toute seule.  

"Je ne comprends pas que ce soit si simple chez les particuliers et pas chez nous"

La boulangerie de Véronique Capilliez, à Bourghelles (Nord), est fermée en semaine. Elle n’ouvre que le week-end pour économiser l’énergie. Derrière le rideau baissé, Véronique a fait venir son comptable directement dans l’atelier. Ils essayent aussi de remplir le simulateur. Mais on leur demande la consommation d’électricité en mégawattheure alors que sur les factures, c’est écrit en kilowattheure. Véronique a reçu dès ce mercredi des offres de fournisseurs d’énergie concurrents. Elle est prête à changer. "S’il faut partir de chez EDF, malheureusement, moi qui y suis depuis 27 ans, eh bien, on partira de chez EDF", se résigne-t-elle.  

De son côté, toujours devant son ordinateur, Nadège tente de comprendre le fonctionnement d’un amortisseur de prix auprès de son fournisseur d’énergie. "Je ne comprends pas que ce soit si simple chez les particuliers où ils disent ‘on bloque, on fait le bouclier tarifaire’ et pas chez nous", souffle Nadège. Au lieu d’un blocage pur et simple, l’amortisseur des prix va permettre de faire baisser les factures d’énergie d’ici quelques mois. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Sébastien Hembert et Charles Yzerman

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