Le 13H

VIDÉO - Rafle du Vél' d'Hiv : 80 ans après, deux survivantes témoignent

Léa Tintillier | Reportage TF1 Claire Auberger, Bertrand Lachat
Publié le 15 juillet 2022 à 18h17
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Source : JT 13h Semaine

Il y a tout juste 80 ans, le 16 juillet 1942, débutait la rafle du Vél' d'Hiv, ce vélodrome parisien dans lequel 8000 juifs furent enfermés avant d'être envoyés en camp de concentration.
À l’occasion des commémorations de ce drame, organisées dimanche, TF1 a recueilli la parole d'Arlette et Liliane, qui ont échappé à la mort

Arlette et Liliane sont deux amies que la guerre a rendues inséparables. Arlette montre une photo d’elles quand elles étaient petites et portaient l’étoile jaune. Elles ont vu leurs pères respectifs partir pour ne jamais revenir. "Ton passé est une copie conforme du mien. C’est exactement la même chose, la même arrestation, le même endroit. On avait pratiquement le même âge. On a été cachées par les mêmes familles pendant la guerre donc ça nous a soudées tout le temps", dit Arlette à Liliane. 

Mais le 16 juillet 1942, la police française ne va pas leur réserver le même sort. Au 117 rue du Temple, chez Liliane, la mère et la fille échappent à la rafle. "Le policier est arrivé dans la cour et il a crié ‘Madame, vous restez’. C’est tout. Je ne suis pas allée dans la rue, je ne sais rien. C’est après quand on a parlé de la rafle que maman a dit ‘mais où elles sont tes copines ?’", explique Liliane. 

En face, au 114, la police vient embarquer tout le monde sans ménagement. "‘C’est vous et vos enfants’ et ils commencent à citer le nom de ma sœur Madeleine et moi Arlette, et je vois maman furieuse qui commence à se battre avec eux. Mais eux, sans se démonter, la seule chose qu’ils disaient, c’était ‘dépêchez-vous, dépêchez-vous, dépêchez-vous’ ", poursuit Arlette. 

4115 enfants tués

En deux jours, 13.000 juifs sont arrêtés, dont beaucoup de femmes avec de jeunes enfants. Pour faire du chiffre, Vichy est allé au-delà des demandes nazies. Parqués au Vélodrome d’Hiver dans des conditions épouvantables, ils seront ensuite déportés dans les camps de concentration. 

Comme Arlette, rescapée du camp de Beaune la Rolande, ils ne sont qu’une centaine à avoir échappé à la mort. Sur le mur commémoratif, on retrouve les noms des 4115 enfants qui hantent toujours sa mémoire. "Je vois leurs visages. Je vois leurs sourires. Je vois leur insouciance. Je vois leur envie de vivre. C’est pour ça que je suis prise d’émotion. C’est très dur d’être là. J’ai eu beaucoup de chance", conclut Arlette. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Claire Auberger, Bertrand Lachat

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