RÉFORME - Les 35 heures doivent désormais s'appliquer à tous les fonctionnaires, y compris ceux des collectivités territoriales. Mais certaines villes continuent à faire de la résistance.

Policiers municipaux, jardiniers, employés de cantine ou encore chargés de la sécurisation des passages piétons à la sortie d'école... Quel que soit leur poste, tous les fonctionnaires territoriaux sont désormais passés aux 35 heures. Ils pouvaient encore bénéficier jusque-là d'un régime de dérogation leur permettant de travailler 1552 heures par an, plutôt que les 1607 heures imposées. C'est fini depuis le 1er janvier.

Ainsi, à la mairie de Gouesnou (Finistère), à partir de ce lundi, les fonctionnaires vont devoir arriver quinze minutes plus tôt chaque jour, avec des tâches déjà toutes trouvées. "On ouvre à 8h30, mais on doit ouvrir l'accueil, ouvrir nos ordinateurs, le standard, tout ça, ça prend du temps", explique Ludovic Abalea, agent d'accueil, dans le reportage de TF1 dans la vidéo en tête de cet article. 

Pour que la commune soit en règle, le maire a trouvé la solution : rallonger les journées de travail plutôt que supprimer des congés. "On a continué en demandant à nos agents et aux représentants du personnel quel était finalement ce qu'ils souhaitaient et il y avait cette question autour du temps libre que nous avons souhaité conserver", précise Stéphane Roudaut.

20% des communes récalcitrantes

Alors que cette obligation, prévue par la loi de transformation de la fonction publique d'août 2019, vient d'entrer en vigueur, près de 20% des communes ne l'appliquent toujours pas, comme à Vitry-sur-Seine par exemple. Les agents n'atteignent pas les 1 607 heures, parce qu'ils ont plus de jours de congé. 

Le maire, Pierre Belloch, ne veut pas revenir sur ces acquis. "Cette loi, elle nous empêche de gérer notre personnel comme l'on veut. Elle va nous mettre en grande difficulté pour les recrutements parce que maintenant dans la fonction publique, on aura moins de congés que dans les entreprises privées", se plaint-il auprès de TF1.

Et pour les agents de la ville, il est hors de question de réduire les vacances. "Si j'ai bien compris, on a 33 jours et on va avoir 8 jours en moins, donc on va passer à 25 jours. Mais comment rattraper cette perte ? ", s'interroge Gilles Christiaens, agent d'entretien des espaces verts. 

Pour autant, le gouvernement envisage des poursuites judiciaires ainsi que des sanctions sous la forme d'amendes pour les communes récalcitrantes. 


V. F | Reportage TF1 L. Merlier, M. Pirckher, E. Boucher

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