Les organisations syndicales reçoivent depuis le début de l'année de nombreux dons pour soutenir les grévistes.
Les caisses de grève ont même atteint des montants records.
Le 20H de TF1 est allé à la rencontre des syndicats, étonnés d'un tel succès.

Malgré l'adoption de la réforme des retraites à l'Assemblée nationale, la mobilisation ne retombe pas. Pour prêter main-forte aux grévistes, de nombreuses personnes ont fait des dons aux syndicats via les caisses de grève. Ce système permet d'assurer un revenu minimum à un salarié en grève pendant un mois. Un soutien absolument nécessaire pour de nombreux grévistes.

C'est le cas d'Emmanuel, un électromécanicien interrogé par l'équipe du 20H. À quelques jours de toucher son salaire, il a déjà fait le calcul. Trois jours de grève, cela représente pour lui environ 480 euros de perte. Pour compenser ce coût net, Emmanuel recevra de l'argent issu de la caisse de grève de son syndicat. Il sera indemnisé d'un peu plus de sept euros de l'heure. "Cela permet de garder le moral. Sur les 1160 euros qui correspondent à un mois complet, ça permet de garder la force et la mobilisation", affirme-t-il dans la vidéo en tête de l'article.

4 millions d'euros récoltés

Alimentées par une vague inédite de dons, les caisses de grève atteignent des montants records. Plus de 4 millions d'euros ont été récoltés en quatre mois. De mémoire de syndicaliste, Samia n'avait jamais vu ça. "J'ai l'impression parfois d'être la Mère Noël quand j'ouvre la boite aux lettres et que tous les chèques tombent", raconte cette adhérente de la CGT. La quantité de chèques reçus depuis janvier est impressionnante, comme le montre le reportage en tête de l'article. 

"Ici, on est sur 400 euros, là sur 100 euros. Les dons sont quand même relativement conséquents", précise Mickaël, syndicaliste CGT. La majorité des donateurs ne sont pas des adhérents du syndicat. "Le don le plus important qu'on ait reçu à l'heure actuelle, c'est 30.000 euros de la part d'une personne. C'est énorme", ajoute-t-il.

Au-delà des chèques papiers, la majorité des dons ont été faits par internet. Plus de 400 cagnottes en ligne ont été créées pour les éboueurs, les professeurs ou les cheminots. En parallèle de ce soutien, les bienfaiteurs n'ont pas hésité à faire des dons pleins d'humour. Suite au passage de la réforme de retraites à l'aide de l'article 49.3 de la Constitution, beaucoup ont versé un montant de 49,30 euros.

Grâce à tous ces dons, une caisse de grève intersyndicale a même atteint les 2,5 millions d'euros. L'argent reçu est redistribué aux grévistes de chaque syndicat. Mais chaque organisation a ses propres règles de versement. À la CFDT, un gréviste perçoit 7,70 euros de l'heure, alors que chez Force Ouvrière cela peut aller jusqu'à 30 euros de l'heure. 

Certaines caisses de grève versent aussi une indemnité aux salariés non membres d'une organisation syndicale. "Beaucoup de caisses de grève peuvent parfois aider des adhérents d'une organisation. La nôtre vient finalement aider tous ceux qui sont en lutte dès lors qu'ils ont cumulé deux jours de grève consécutifs", explique Romain Altmann, secrétaire général d'Info'Com-CGT. Un salarié perd en moyenne 79 euros par jour de grève, et près de 90 euros pour un fonctionnaire.


L. | Reportage vidéo : Elena Despatureaux, Marion Fiat

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