En Eure-et-Loir, 11.000 personnes ont manifesté contre la réforme des retraites jeudi dernier.
Mais certains Français, pourtant favorables à la mobilisation, ne se sont pas déplacés.
Inflation oblige, ils n’en ont pas les moyens.

En Eure-et-Loir, à une heure de Paris, 11.000 personnes ont manifesté jeudi dernier. Du jamais-vu depuis 1995. À l'époque, c’était déjà pour la question des retraites. Mais à l’heure où le caddie coûte si cher, perdre une journée de salaire n’était pas une option pour Anaïs et Sabrina. "Une bonne journée, c’est entre 70 et 80 euros, je pense. Ça dépend des horaires qu’on fait aussi. Donc une journée, ça fait mal. Beaucoup de personnes ont renoncé à aller manifester", déplorent-elles. 

Certains n’ont débrayé que quelques heures ou pris un jour de congé. Mais Laëtitia, secrétaire en intérim, n’a pas ce choix. "On ne peut pas manifester à cause de la précarité d’emploi. C’est très mal vu de manifester en tant qu’intérimaire. Ce n’est pas possible", confie-t-elle. 

"C’est un sacrifice auquel je suis prêt"

Dans le rapport de force engagé entre manifestants et gouvernement, le coût individuel de cette grève est un enjeu, surtout si elle s’installe dans la durée. Dans cette entreprise de BTP, aucun des 80 salariés n’a manifesté. "Je ne vais pas manifester parce que ça ne changera rien. C’est plié, il l’a dit le chef. Il a dit que c’était niet", affirme l’un d’eux. 

Le travail est dur, certes, mais avant l’âge de la retraite demain, le plus important, c’est le salaire aujourd’hui. "On a du mal à avoir du boulot. Quand on a du boulot, on essaye de le garder", explique un autre salarié de l’entreprise. "Il faut vivre au jour le jour. Une journée de salaire en moins, ce sont certaines choses qu’on s’empêche de faire à la fin du mois", regrette encore un autre. 

Ce poids du quotidien pèse sur la mobilisation et c’est précisément pour qu’il ne dure pas davantage que Yohan a manifesté. Il travaille à la sécurité incendie de l’hôpital de Dreux. Et, malgré ce que cela lui coûte, il croit à l’impact d’un large rassemblement. "Notre avenir, l’avenir de nos enfants… C’est un sacrifice auquel je suis prêt. C’est important. Le 31, j’y retourne. Il y a des collègues qui ne sont pas venus la dernière fois et qui vont venir le 31", affirme-t-il. Cette fois-ci, les manifestants n’iront pas à Chartres, mais à Paris. 


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo : Sylvie Pinatel, Bertrand Lachat, Marie-Hélène Astraudo

Tout
TF1 Info