Ces derniers jours, les mouvements d'opposition à la réforme des retraites se multiplient en France.
Ils ont été émaillés de multiples tensions entre opposants et forces de l'ordre.
Au cœur de celles-ci, les Brigades de répression de l'action violente motorisée (BRAV-M) cristallisent les critiques.

Le bras de fer continue. Malgré l'adoption définitive du texte au parlement, via l'article 49.3 de la Constitution, les opposants à la réforme des retraites ne lâchent pas. Après d'importantes manifestations jeudi 23 mars, une dixième journée de protestation, à l'initiative de l'intersyndicale, est prévue mardi 28 mars. Mais ces derniers jours, la décision du gouvernement de passer en force, le mouvement s'est durci, au même titre que la réponse des forces de l'ordre. Au cœur des tensions, une formation s'est démarquée dans les rues de la capitale : les Brigades de répression de l'action violente motorisée (BRAV-M). Après diverses actions violentes, elle concentre désormais les critiques, à tel point qu'une pétition réclamant sa dissolution a vu le jour. 

L'un des symboles de la violence policière
Pétition pour la dissolution de la BRAV-M

Disponible sur le site de l'Assemblée nationale, le texte affirme que ces unités, "créées en mars 2019 sous l’impulsion du préfet Lallement pour bâillonner le mouvement des Gilets Jaunes, sont devenues l’un des symboles de la violence policière". "Loin d’assurer un retour à l’apaisement, son action participe de l’augmentation des tensions, y compris à l’encontre des forces de l’ordre", assure Yann Millerioux, qui en est à l'origine. 

Déjà près de 40.000 signatures

"Le pays étouffe de témoignages d’exactions violentes et brutales commises par ces brigades motorisées à l’encontre des manifestants qui tentent de faire entendre leur opposition à un projet de régression sociale. Ces témoignages circulent dans le monde entier, interpellent la communauté internationale et entachent l’image de notre pays. Ils font état d’un emploi disproportionné et arbitraire de la force et en contrariété avec le schéma national de maintien de l'ordre", assure la pétition, qui a déjà récolté près de 40.000 signatures. 

Ainsi, "la répression policière qui s’abat sur notre pays doit conduire à remettre à l’ordre du jour l’impératif démantèlement de la BRAV-M", souligne-t-elle. "Nous sommes du côté de la colère sociale des manifestants et non de celui du flash-ball, des grenades, des matraques et des nasses. Nous demandons la dissolution de la BRAV-M. Stoppons le massacre", martèle le texte. 

Et après ?

Si cette pétition atteint les 100.000 signatures, elle sera attribuée à la commission permanente de l'Assemblée nationale, en charge du dossier. "Les pétitions ayant recueilli au moins 100.000 signatures sont mises en ligne sur le site de l'Assemblée nationale pour plus de visibilité", explique le site du palais Bourbon.

"Après attribution de la pétition à une commission, les députés de la commission désignent un député-rapporteur qui propose ensuite soit d'examiner le texte au cours d'un débat faisant l'objet d'un rapport parlementaire, soit de classer la pétition", peut-on lire.

Les BRAV-M sont nées en mars 2019. "L'idée était de pouvoir intervenir vite, là où les grosses compagnies ne passent pas où sont trop lourdes avec leurs kilos de matériel", détaille le commandant de police Patrick L., qui a participé à leur création, à l'AFP. Elles comptent aujourd'hui six sections de 18 opérateurs et autant de motards, soit 92 équipages. Ce chiffre est voué à encore augmenter d'ici aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Les membres de ces forces de l'ordre spécialisées sont reconnaissables à leur tenue : un casque de motard, un gilet tactique, un marquage police, une radio de transmission et une arme de poing (SIG-Sauer). Chaque agent est aussi équipé d'une caméra-piéton et d'une matraque télescopique ou de bâtons dits "gommes". 


M.G

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