"En une après-midi, je pouvais dépenser 200 euros" : les jeunes influençables sur TikTok

La rédaction de TF1info
Publié le 18 février 2022 à 15h34
Cette vidéo n'est plus disponible

Source : Sept à huit life

En quelques années, TikTok s’est imposé aux dépens d’autres applications qui détenaient jusque-là un quasi-monopole comme Facebook ou Instagram.
Pourtant, la plateforme ne semble pas en faire assez pour protéger son public plutôt jeune et vulnérable.
Le magazine de TF1 "Sept à Huit Life" a mené l'enquête sur le succès du réseau social, et les dérives qui l'accompagnent.

Depuis deux ans, c’est l’application la plus téléchargée au monde. TikTok compte désormais plus d’un milliard d’utilisateurs dont certains anonymes qui sont devenus de véritables stars en quelques vidéos. Une notoriété qui peut être monétisée, faisant rêver des milliers d’adolescents.

Une course à la popularité qui rapporte

Car dans cette course à la popularité, certains sont prêts à payer. C’est le cas de Kilian, que le magazine de TF1 "Sept à Huit Life" rencontre dans la vidéo en tête de cet article, une enquête sur le succès du réseau social chinois et les dérives qui l'accompagnent. En 2019, il a 13 ans et se met à participer au live de ses tiktokeurs favoris. Or l’application autorise les utilisateurs à envoyer à leurs idoles de l’argent comme preuve de leur admiration. Cela se présente sous la forme d’émoticônes au nom ludique qui correspondent chacun à une somme d’argent. S'il faut officiellement avoir 18 ans pour faire des dons, Kilian entre une fausse date de naissance et obtient l’autorisation de ses parents pour offrir de "petits montants"

"Au début, je donnais quelques euros par mois. J’étais fan d’un tiktokeur et je voulais qu’il me dise ‘merci pour tes cadeaux’, avoir un peu de reconnaissance de sa part", raconte Kilian. Mais très vite, le jeune adolescent se met à dépenser l'argent de ses parents sans compter, et cette fois-ci dans leur dos. En quelques mois, il donne plus de 1000 euros. "À chaque fois, je mettais, je mettais, je mettais… la plupart du temps, je ne me rendais pas compte. En une après-midi, je pouvais dépenser… je ne sais pas, 200 euros". 

D'autant que plusieurs stars du réseau n'hésitent pas à aller encore plus loin. En échange de ces cadeaux, elles promettent aux jeunes donateurs de parler d’eux pour booster leur popularité. D'autres n'hésitent pas à lancer des enchères pour céder au plus offrant un compte secondaire avec de nombreux abonnés. "On se dit que nos parents travaillent dur. Et eux, ils gagnent beaucoup d’argent en très peu de temps, ça donne clairement envie", avoue Kilian.

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Impossible de chiffrer le nombre d'influenceurs ayant recours à de telles pratiques. Benoit Chevalier, influenceur de 21 ans à 8 millions d'abonnés et aujourd'hui repenti de telles pratiques, tente de s'expliquer face aux caméras de "Sept à Huit Life". S'il reconnaît avoir eu conscience que c'était des jeunes, voire des très jeunes qui donnaient de l'argent, il rappelle : "On ne pouvait jamais en être sûr parce que dans les règles communautaires de TikTok, il y a bien écrit qu’il faut être majeur pour faire des dons". L'influenceur n'a par ailleurs reçu aucun avertissement de la plateforme. L'entreprise toucherait une commission d'environ 50% sur chaque don.


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