La mobilisation des agriculteurs occitans se poursuit dimanche.
L'autoroute A64 est toujours coupée près de Toulouse pour une quatrième journée consécutive.
Au coeur de la colère des professionnels : les difficultés administratives et les normes imposées pour la transition écologique.

Jean Darroles s'est installé il y a deux ans à peine. Il élève des brebis sur la commune de Poucharramet, en Haute-Garonne. Un métier passion pour lui, mais qui devient un véritable cauchemar lorsqu'il doit gérer le volet administratif de son exploitation avec son frère. "On passe des week-ends entiers à ne faire que des papiers. À remplir des fois trois, quatre fois le même papier parce qu'il faut l'envoyer à divers organismes...", confie-t-il dans le reportage en tête de cet article. Des réglementations qui s'accumulent et qu'il juge parfois absurdes, comme pour les boucles d'oreilles avec lesquelles il doit équiper ses brebis.

"Je dois tenir un tableau dans lequel je dois marquer qui a perdu la bouche, quel jour et quel jour j'ai reposé la boucle", détaille-t-il, estimant que ces démarches ne servent "pas à grand-chose". "Il faudrait des solutions un peu plus terre à terre, un peu plus proche du terrain", réclame l'éleveur.

"On peut mettre en péril des exploitations"

Des normes que les éleveurs dénoncent, notamment celles mises en place pour lutter contre le changement climatique dû aux activités humaines et pour protéger l'environnement. Moins d'usage des pesticides, moins d'irrigation, les professionnels dénoncent des changements sans plan d'accompagnement. "Comment, avec quels résultats derrière ?", s'interroge Jean Darroles. "On sait que nous, si on n'a pas certaine irrigation, on peut mettre en péril des exploitations, et surtout des petites exploitations", assure-t-il encore.

C'est pour exprimer cette inquiétude de Jean Darroles et de nombreux autres agriculteurs manifestent, depuis jeudi 18 janvier, en bloquant l'A64 près de Toulouse. Les professionnels estiment qu'il devient difficile de respecter toutes les normes mises en place par les pouvoirs publics et l'Union européenne. "Ils en pondent un à peu près tous les ans, des trucs qui se rajoutent. Jusqu'à aujourd'hui, on était libres tous les jours d'organiser notre travail. Maintenant, même ça, ils veulent nous l'organiser", dénonce Cédric Baron, éleveur Bovin et céréalier à Montoussin, en Haute-Garonne. Moins de liberté et plus de concurrence encore avec les pays étrangers, qui n'ont pas toujours le même niveau de réglementations.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Perrine Mislanghe, Jean-Marc Lucas

Tout
TF1 Info