Ces derniers jours, les agriculteurs de plusieurs départements font face aux vagues de froid tardives et au gel de printemps.
Bougies, aspergeurs, éoliennes… Les systèmes antigel sont nombreux, et souvent coûteux.
Passage en revue.

Quelques heures suffisent pour annihiler toute une année de travail. En cause : le gel de printemps qui, même en cette fin du mois d’avril, peut venir "brûler" les récoltes, comme dit ironiquement le jargon des vignerons. Plusieurs techniques et dispositifs, dont le coût et l’efficacité varient, existent cependant pour permettre d’éviter la catastrophe ou, du moins, limiter les dégâts.

La lutte par le feu

La technique la plus connue consiste à brûler des ballots de paille en bord de parcelle pour réchauffer l’air ambiant. Dans ce même ordre d’idée, des bougies, des brûleurs à propanes ou des chaufferettes à granulés de bois peuvent être utilisés, offrant de beaux spectacles nocturnes mais présentant un risque de pollution du sol et de l’air, en plus de nécessiter une grande surveillance. Autre problème : la rentabilité. "C’est 10 euros la bougie, donc ça fait 3.000 euros l’hectare pour trois nuits de protection, c’est un gouffre", témoigne Amélie Neau, viticultrice à Bellevigne-les-Châteaux (Maine-et-Loire), au micro de TF1 dans le reportage du JT visible en tête de cet article.

La lutte par l’eau

La technique la plus utilisée consiste… à asperger de l’eau. C’est le système par aspersion. "Ça forme une pellicule de glace qui va protéger le fruit. Même s’il fait -3, sous la glace, il restera à zéro degré", explique un agriculteur usant de cette méthode, la seule à être efficace jusqu'à -8°C. Mais dont le coût de l’installation (tuyaux et gicleurs) s’élève à 4.600 euros par hectare, entièrement à la charge de l’exploitant. Un montant souvent rédhibitoire, d’autant que l’aspersion doit être continue durant toute la vague de froid pour fonctionner, ce qui ajoute des dépenses conséquentes.

La lutte par le vent

La technique la plus en vogue consiste à brasser l’air au-dessus des plantations pour assécher les feuilles, au moyen d’une ou plusieurs tours antigel fonctionnant exactement comme une éolienne. Un dispositif vertueux d’un point de vue écologique et permettant de protéger les cultures jusqu’à une température de -4°C. De plus, son coût très élevé, de 40.000 euros l’unité, soit un investissement de 8.000 euros par hectare (presque le double du prix du système d’aspersion), peut, lui, être atténué par des aides publiques. Sinon, tout au bout de ce même ordre d’idée, de plus en plus de vignerons ont recours… à des hélicoptères volant à moins de 20 mètres d’altitude au petit matin. Cela peut sembler extrême, mais, à 200 euros l’hectare, cela revient moins cher que l’achat d’une tour, l’engin couvrant une zone bien plus vaste.


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Pierre Corrieu, Manon Monnier, Tristan Vartanian

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