Début mai, des dizaines de milliers de propriétaires de Citroën C3 et DS3 ont été sommés de cesser de les conduire à cause d'un airbag défaillant.
L'affaire prend une tout autre tournure : des informations judiciaires ont été ouvertes en France après des décès et des blessures d'automobilistes.
Le JT de TF1, qui a recueilli le témoignage de parents convaincus que leur fils a été tué à cause de son airbag, fait le point.

Bruno Guérin est en colère. "Je ne pourrai pas m’arrêter tant que les responsables ne seront pas punis", lance le père de Tristan, très ému, dans le reportage de TF1 ci-dessus. En 2023, son fils est mort au volant de sa voiture. Selon le père, il a été tué sur le coup par un projectile découvert dans le véhicule : les parents du jeune homme en sont persuadés, cet objet métallique a été projeté par son airbag défectueux. "Des membres du Samu m'ont dit qu’il y avait quelque chose de bizarre. Ils avaient l'impression qu'un objet avait perforé l'œil et le cerveau de notre fils", témoigne Bruno Guérin. "La justice, on ne sait pas qui, ajoute-t-il, avait dit 'c'est la projection de l'allume-cigare'... sur des voitures qui n'ont pas d’allume-cigare".

La conviction des parents est renforcée par la marque du véhicule de leur fils, Citroën, actuellement confrontée à un rappel massif. Pas moins de 605.772 véhicules dans une vingtaine de pays sont concernés par ce rappel émis début mai pour un airbag défectueux. En France, 181.734 Citroën C3 et 65.149 DS3, autre marque du groupe Stellantis, sont visées par cette procédure. Le rappel est lié à la détérioration du gaz contenu dans les airbags, du propergol, selon Stellantis. En cas d'accident, lorsque l'airbag se déclenche, des particules ou des petites pièces pourraient être projetées avec le coussin gonflable et occasionner des blessures.

L’affaire prend désormais une tournure judiciaire. En France, quatre informations judiciaires sont ouvertes en Guadeloupe, à La Réunion et en Guyane, des zones chaudes et humides. Ces conditions favorisent l’explosion du propergol, un gaz puissant capable de projeter des pièces métalliques à 300 km/h. Dès 2014, déjà, les airbags fabriqués par le sous-traitant japonais Tataka avaient provoqué des accidents mortels aux États-Unis et en Asie. "On ne comprend pas pourquoi la pleine mesure des choses n’a pas été prise avant. Cela va être vraiment l’objet de toutes ces investigations et enquêtes", déclare Maître Grégory Guyard, avocat d’une victime d’un airbag défectueux. 

"Cela fait 17 jours que c’est comme ça"

Selon Stellantis, le sous-traitant japonais lui avait pourtant garanti l’absence de risques concernant les airbags de ces véhicules. Face au danger, le groupe a en tout cas adressé un courrier on ne peut plus explicite aux propriétaires des voitures concernées. "Citroën vous demande de cesser immédiatement de conduire votre véhicule", pouvait-on y lire.

La consigne a été respectée à la lettre par la fille d'Annick, dont la C3 est immobilisée sur le parking. Depuis plus de deux semaines, la mère d’Annick prête sa voiture à sa fille pour lui permettre de travailler. La situation devient intenable. "Citroën ne fait rien, ils ne bougent pas, on les appelle, mais ils ne répondent pas. Les garages ne peuvent pas nous prêter de voiture, cela fait 17 jours que c’est comme ça", déplore-t-elle. 

Pourtant, de son côté, Stellantis dit avoir commencé à distribuer des véhicules de remplacement pour les conducteurs de Citroën et DS bloqués par un airbag défectueux. Plus de 17.800 véhicules de courtoisie ont été déployés dans le réseau de concessionnaires des pays concernés, relèvent ce jeudi l’AFP et Le Parisien. Environ 14.000 véhicules ont déjà été réparés et 218.000 clients ont suivi le processus d'enregistrement. Stellantis a également indiqué avoir mis en place un centre d'appels dédié.


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Julien Cressens, Damien Lansade

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