Nos animaux de compagnie ne sont pas toujours des chiens ou des chats.
Des vétérinaires se spécialisent pour pouvoir soigner des animaux bien plus insolites.
Une équipe de TF1 a visité deux cabinets un peu particuliers.

Le patient du jour se nomme Speedy. Mais peu de risque qu'il s'échappe du cabinet en courant : il s'agit d'un escargot géant, à la coquille abîmée. Le vétérinaire l’ausculte, le pèse - 110 grammes -, et lui pose une sonde Doppler pour examiner sa fonction cardiovasculaire. "Un battement par seconde, c'est normal". L'invertébré subit alors une radio complète. "On a vraiment une érosion de la coquille, commente le vétérinaire, Norin Chai. On peut voir des irrégularités de sa croissance, c'est flagrant". C'est donc un manque de calcium, il faut changer d'alimentation. "Courgettes, feuilles d'épinard évidemment, de l'endive, et dans les fruits, vous pouvez mettre l'abricot", énumère le spécialiste.

Vous vous en doutez, des experts comme Norin Chai, qui exerce dans un centre parisien spécialisé dans les Nouveaux animaux de compagnie (NAC), la clinique vétérinaire Argos SpéNAC, sont rares. Ils ont suivi une formation de plus que les vétérinaires classiques. La consultation est donc un peu plus chère que pour un chien ou un chat, à partir de 71 euros ici. "Quand on adopte un animal qui est un peu hors du commun, on sait qu'il faudra apporter des frais particuliers", relativise la maîtresse de Speedy. 

Les NAC représenteraient désormais 20% des ventes d'animaux en France. Hugo Chai nous fait visiter la salle d'hospitalisation, où les animaux sont surveillés après leur opération. Ce jour-là y cohabitent une tortue, un cobra arrivé avec un abcès, un caméléon en pleine sieste... Dans le bloc opératoire d'à côté, une tortue d'eau. "Elle a plusieurs problèmes", de foie, de reins, un œuf cassé à l'intérieur, explique la vétérinaire chargée de les régler, Camille François. Les opérations sont à chaque fois très différentes puisque la vétérinaire s'adapte à toutes les espèces. À quelques exceptions près : "Le jour où on m'amènera une mygale, je pense qu'effectivement, je serai vraiment dans l'embarras", confie Camille François. Parce qu'elle fait peur ou par méconnaissance de cet arachnide ? "Un peu des deux, ce ne serait pas très honnête, ni pour le client, ni pour l'araignée". 

Des propriétaires "pas assez informés"

Notre reportage se poursuit dans une autre clinique spécialisée, près de Troyes (Aube), où notre équipe assiste à la visite de routine de deux furets. Ici, la vétérinaire délivre ses conseils sur les réseaux sociaux, pour tenter de guider les propriétaires parfois un peu perdus. "Je pense qu'ils ne sont pas assez  informés, explique Elise Gusiée, de la clinique Les Templiers à Payns. Je vois beaucoup de personnes qui arrivent avec des NAC mais qui ne savent pas, par exemple, qu'un lapin doit  manger majoritairement du foin et non pas que des granulés".

Parmi les 45.000 animaux abandonnés ou maltraités l'an dernier, 6%, quasiment 3000 donc, étaient des NAC. Vite adoptés, parce que c'est la mode, tout aussi vite délaissés, parce que les propriétaires n'ont pas toujours conscience que ces bêtes réclament des soins et de l'attention.


La rédaction de TF1info | Reportage Quentin Fichet, Keziah Cretin, Vincent Pierron

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