Ce faux radar installé par un particulier au bord d'une départementale est-il légal ?

par La rédaction de TF1info | Reportage Claire Auberger, Manon Monnier, Sébastien Guerche
Publié le 4 décembre 2023 à 17h10

Source : JT 13h Semaine

En France, de plus en plus d'habitants installent des faux radars sur leur terrain afin de faire ralentir les automobilistes devant chez eux.
Cette pratique est-elle légale ?
TF1 fait le point en se penchant sur l'appareil plus vrai que nature installé par un habitant de la Vendée.

"Des fausses jumelles, un faux spot, c'est bien fait !", s'exclame Joël au faux radar installé sur le bord d'une route départementale de Vendée. Il a été fixé sur le terrain d'un particulier, excédé par la vitesse des automobilistes. "C'est vrai qu'ici les gens vont relativement vite, que ce soit des camions ou des voitures, ça passe à 100 ou encore 110 km/h. Depuis que le radar est là, on a vu une nette amélioration", constate le riverain interrogé par TF1 dans le reportage en tête de cet article. 

Bien qu'efficace sur cette portion de route limitée à 50 km/h, le procédé dérange des passants. "Le riverain a raison de se manifester si les gens roulent trop vite. Ceci-dit, il y a des autorités pour ça, il pourrait s'adresser aux autorités plutôt que de fabriquer des radars factices. Il y a quand même des gens qui ont du temps à perdre", tranche un automobiliste. "Si chacun fait sa loi, ça ne va pas, il faut quand même que cela vienne d'en haut, que cela soit régulé", renchérit une autre. 

Un dispositif légal s'il est sur un lieu privé

Si le faux radar est installé sur une propriété privée, et qu'aucun flash n'est susceptible de provoquer un accident, le propriétaire devrait échapper à toute poursuite. "Il n'y a aucune réglementation en la matière, donc je comprends qu'actuellement, les personnes à bout envisagent cette dernière solution", explique à TF1 maître Nancy Lambert-Micoud, avocate spécialisée en droit routier. Elle encourage néanmoins les particuliers à s'adresser, dans un premier à temps, aux autorités compétentes afin d'obtenir des aménagements routiers. 

Pour autant, dans la majorité des cas, ces objets contrefaits sont illégaux. La raison principale ? Faute d'une signalisation adaptée, ces faux radars peuvent engendrer des accidents en raison de coups de frein soudains. Le cas échéant, l'individu à l'origine de la mise en place de l'appareil peut être poursuivi. "Il encourt 1500 euros d'amende. C'est une contravention de cinquième classe, on est traduit devant le tribunal de police", expliquait cet été à TF1 maître Antoine Régley, avocat au barreau de Lille, lors d'un précédent reportage (voir le lien ci-dessus).

Toutefois, "installer un faux radar chez soi est autorisé dès lors que l'on est chez soi et que l'on n'utilise pas le domaine public. Mais il ne faut pas que le flash, s'il y en a un, éblouisse les utilisateurs de la route et crée un accident", nuançait-il. L'État et les collectivités locales ont de leur côté bien sûr le droit d’implanter sur la voie publique ce type d'installations, fausses ou non.  


La rédaction de TF1info | Reportage Claire Auberger, Manon Monnier, Sébastien Guerche

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