Presque dans toutes les régions, les précipitations ont été exceptionnellement abondantes cet automne et cet hiver.
En Picardie, les sols n'arrivent plus à absorber l'eau.
Des maraîchers et céréaliers ont perdu presque toutes leurs récoltes, comme l'a constaté une équipe de TF1.

Depuis six mois, l'eau stagne dans le champ d'Hervé Diependaele. Par conséquence, les quelque soixante hectares de terre que compte son exploitation agricole, basée à Courbes (Aisne), ne peuvent pas être cultivés. "À part aller à la pêche... C'est tout ce qu'on peut dans ces champs", lance, dépité, l'agriculteur, dans le reportage du 20H de TF1 ci-dessus. 

Les semis de blé ont été plantés en octobre dernier, comme tous les ans. Mais les pluies diluviennes des dernières semaines ont fait dégorger les nappes phréatiques et l'eau ne s'infiltre plus dans les sols. Les pertes se chiffrent à environ 70.000 euros, indique Hervé Diependaele.

En Picardie, au moins 10.000 hectares de champ sont perdus. Une situation alarmante, d'autant que les terres où l'eau est partie ont été envahies par la bactériose, un champignon qui ronge la racine des plantes. "C'est dû à l'excès d'eau, qui est venue enfermer la base de la tige dans un sol complètement compressé", explique Guillaume Gandon, agriculteur à Chery-Lès-Pouilly (Aisne).

Dans la région, 70% des cultures de pois, destinées à l'alimentation animale, ne pourront pas être récoltées cette année.

La seule solution, c'est de vendre des vaches pour acheter de la nourriture
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La filière bovine est aussi impactée, les pâtures ayant été transformées en étangs. "Normalement, il y a des vaches. C'est censé être de l'herbe. Et là, c'est plein d'eau, plein de vase, de roseaux qui poussent", se désole Arnaud Basset, éleveur à Varesnes (Oise), face à notre caméra. Au lieu de ruminer l'herbe des prairies, ses 90 vaches laitières restent dans l'étable.

L'éleveur n'a pas d'autre choix que d'utiliser le fourrage prévu pour l'hiver. Un gouffre financier : 630 euros par jour. "La seule solution, c'est de vendre des vaches pour acheter de la nourriture", explique-t-il. Une solution radicale, mais nécessaire afin d'assurer la survie de l'exploitation.


M.D. | Reportage TF1 Zack Ajili et Charles Yzerman

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