À l'approche des Jeux Olympiques, Paris et l’Île-de-France veulent montrer leur meilleur visage en matière de sécurité ou la salubrité.
Pour y parvenir, contrôles, expulsions de squats et opérations de nettoyage s'intensifient.
Une équipe de TF1 a mené l'enquête.

À moins de 100 jours du début des Jeux olympiques, Paris et l'Île-de-France sont en plein ménage. Ces derniers mois, les opérations dites "place nette" se sont intensifiées, notamment dans le 18ᵉ arrondissement de la capitale, situé à cinq kilomètres du futur village olympique et non loin du site où auront lieu les épreuves de gymnastique dans deux mois. "On constate que lorsqu'un quartier commence à être pris par les vendeurs de cigarettes, très vite, il y a un microcosme qui s'installe et si on laisse les choses se faire, elles vont empirer", explique Pierre Cabon, commissaire divisionnaire du 18ᵉ arrondissement de Paris, dans le reportage du 20H de TF1 ci-dessus. Ce jour-là, une cinquantaine de policiers est déployée pour interpeller les petites mains d’un vaste réseau de trafiquants. 

Dans les poubelles, sous les plaques d’égout, en quelques minutes, les agents découvrent une cinquantaine de cartouches, 22 kilos de tabac à chiquer, de la résine de cannabis ainsi que de l'héroïne et des médicaments psychotropes. En une heure, pas moins de huit personnes auront été interpellées et cette semaine-là, le bilan a atteint plusieurs milliers d'euros de marchandises saisies. 

"Les Jeux sont un accélérateur"

À quelques mètres du vélodrome de Saint-Quentin en Yvelines, où se trouvait encore le mois dernier l'une des plus grosses décharges sauvages de la région, l'ancien terrain de camping transformé en mer de déchets accumulés depuis des années est presque entièrement nettoyé.

"Les déchets étaient répartis sur environ 7.000 m² et nous avons 5.000 m³ de déchets avec un coût pour la région Ile-de-France de plus de 700.000 euros", détaille face à notre caméra Laurent Mazaury, vice-président de la communauté d'agglomération. Ce dernier n'est pas dupe : sans les Jeux, le million d'euros nécessaire pour nettoyer l'endroit n'aurait pas été débloqué en priorité. "Je pense que les Jeux olympiques sont un accélérateur de toutes les interventions qui peuvent avoir lieu et celle-ci entre autres", estime-t-il.

"Loin des yeux, loin des jeux"

Si l'approche des JO est une aubaine pour certaines communes, d'autres mesures font polémique comme à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). L'équipe qui a mené cette enquête a assisté à l'évacuation du plus grand squat de France, situé tout près d'un centre de la préparation des athlètes. Au total, 450 personnes ont été priées d'évacuer par des centaines de policiers et gendarmes. Ces migrants, seuls ou avec enfants, sont montés dans des bus pour quitter la région, direction le Centre-Val de Loire, la Gironde ou le Puy-de-Dôme. Si cette évacuation était programmée et qu'à leur arrivée, des hébergements d'urgence sont prévus, des associations sur place dénoncent le rythme des expulsions qui se serait intensifié.

 

"On voit une accélération des expulsions de lieux de vie informels, des lieux squattés, des bidonvilles, des campements de rue. Ça fait un an que tous ces lieux partent, pour en gros les mettre 'loin des yeux, loin des jeux'," déplore Paul Alauzy, porte-parole "Le revers de la médaille", un collectif de 80 association dont "Médecins du monde". Et de poursuivre :  "On les envoie pour trois semaines, après trois semaines certains ont des solutions, mais la majorité se retrouvent juste à la rue dans des villes loin de Paris et loin des Jeux Olympiques".

Pour justifier ces déplacements vers d'autres régions, la préfecture de Paris-Île-de-France évoque un manque de places d'hébergement, alors que 120.000 lits dont déjà occupés chaque nuit en région parisienne. Rien à voir selon elle, donc, avec les Jeux Olympiques.


La rédaction de TF1 Reportage - Ignacio Bornacin, Amandine Creff, Frédéric Petit

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