REPORTAGE - "On doit toujours s'adapter" : la vie à Mayotte, entre pénuries, barrages et insécurité

par La rédaction de TF1info | Reportage Léa Merlier, Antoine Pocry
Publié le 12 février 2024 à 16h06, mis à jour le 12 février 2024 à 16h17

Source : JT 13h Semaine

À Mayotte, Gérald Darmanin a annoncé dimanche la volonté de supprimer le droit du sol sur l'île pour lutter contre l'immigration.
Le quotidien des 300.000 habitants est devenu très difficile face aux violences et à de nombreuses pénuries.

Une famille espérait rejoindre Grande-Terre, l'ile principale juste en face. Mais impossible : le ponton est toujours bloqué par des manifestants. "C'est dur pour le bébé, mais on n'a pas le choix, on va faire avec. On va être obligés de prendre une chambre d'hôtel pour passer la nuit", explique le père de famille. 

On doit toujours s'adapter. C'est comme ça à Mayotte
La cliente d'un magasin dévalisé

Les véhicules sont triés, seuls les ambulances et les militaires peuvent espérer passer. Maxime, interrogé dans la vidéo en tête de cet article, assure les liaisons pour les urgences. D'habitude, il transporte des touristes. Aujourd'hui, ses passagers sont des médecins. "On a des cas où effectivement, c'est urgent, le personnel soignant qui n'a pas pu partir à temps alors qu'il y a des urgences sur place... Il faut pouvoir se déplacer en temps et en heure et réagir à temps", explique le skipper.

Pas besoin de rouler longtemps avant de rencontrer un barrage. Les voitures passent difficilement et les camions de ravitaillement aussi. Dans ce supermarché, on attend des livraisons qui n'arrivent pas. Loin de suffire, et pour les habitants, c'est la débrouille. "Déjà en temps normal, on s'habituait par rapport aux arrivages... On doit toujours s'adapter. C'est comme ça à Mayotte", souffle une cliente du magasin. Relativiser, alors que l'île est à l'arrêt depuis trois semaines. Dans les rues, les déchets s'entassent.

Un peu plus loin, devant cette station-service, il faut s'armer de patience et ne pas espérer faire le plein. Il faudra se contenter des 20 euros d'essence autorisés. Après les annonces du gouvernement, les collectifs de manifestants ont appelé à la levée des barrages mercredi, une échéance attendue par tous les Mahorais.


La rédaction de TF1info | Reportage Léa Merlier, Antoine Pocry

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