Pour vérifier l'âge de leurs clients pour l'achat de tabac ou de jeux d'argent, certains buralistes s'équipent désormais d'un détecteur de visage installé sur leur comptoir.
TF1 a constaté l'efficacité de ce dispositif un peu particulier dans le Nord.

C'est un petit appareil qui passerait presque inaperçu. Installé depuis un mois sur le comptoir de ce buraliste d'Hautmont, dans le Nord, ce détecteur de visage est devenu un incontournable du magasin. Son utilité ? Déterminer l'âge des clients, afin de s'assurer qu'ils ont bien le droit d'acheter des cigarettes ou de participer à des jeux d'argent. Il change de couleur face au client. Si vous êtes majeur, il s'allume en vert ; si vous êtes mineur, il s'allume en rouge. 

Un gain de temps pour le buraliste

Avec cette technologie, les clients âgés de moins de dix-huit ans sont contraints de faire demi-tour. "C'est intéressant, assure une cliente interrogée dans le reportage du 13H à retrouver en tête de cet article. Il y a tellement de jeunes qui essaient d'acheter des cigarettes ou de jouer à des jeux d'argent... Ce n'est pas génial." Les employés du bureau de tabac sont aussi rassurés par la machine. Sabrina Dufresne, en poste derrière le comptoir, hésite souvent face à de jeunes adultes. Ce boîtier lève ses doutes. 

"Les jeunes d'aujourd'hui ont beaucoup de maquillage, ils changent beaucoup de coiffure et de vêtements, souligne la vendeuse. Ils font plus vieux !" Le gérant du bar-tabac, Olivier Martin, voit même dans cette machine un investissement qui lui permettra de se faciliter la vie au quotidien. "C'est un gain de temps, plutôt que de demander une pièce d'identité toutes les cinq ou dix minutes", indique-t-il. Ce vérificateur d’âge lui a coûté 600 euros. Il ne prend pas en photo les clients, mais fonctionne en scannant, puis analysant instantanément les traits du visage face à lui. 

Un dispositif semblable déjà testé par la FDJ

Aucune signalétique n’indique l’appareil, mais cela ne semble pas gêner les clients. "Il y a des caméras partout dans toutes les villes, confirme Hugues, l'un d'eux. Ce n'est pas quelque chose d'intrusif." Malgré tout, parfois, la machine peut se tromper, comme cette femme qui fait un coucou amusé au détecteur qui vient de virer au rouge face à elle : "J'ai 40 ans !". 

En France, seule une centaine de buralistes sont équipés de cet appareil. Dans un autre bar, juste en face, les employés fonctionnent encore avec l’ancien système. "Je pense qu'à force de remplacer l'intelligence humaine par l'intelligence de la machine, on va finir par perdre tous de notre intelligence collective", pointe Gilles Becquet, le patron.

Et la loi, que dit-elle à ce sujet ? Autorise-t-elle ce type de dispositif ? "Ça existe chez le bijoutier, dans les supermarchés, dans les salons de coiffure, replace Mᵉ Martin Grasset, avocat spécialisé en propriété intellectuelle au barreau de Lille (Nord). Les commerçants installent déjà des caméras soit pour surveiller, soit pour dissuader les clients." L'an dernier, la Française des Jeux avait elle-même testé un logiciel de reconnaissance faciale chez les buralistes, dans le même objectif, pendant quelques mois. Une solution inspirée des pratiques outre-Manche, puisque l'intelligence artificielle y est déjà utilisée à la caisse de certains supermarchés pour la vente d'alcool.

 S’il vend du tabac ou des jeux d’argent à des mineurs, un commerçant encourt jusqu’à 750 euros d’amende.


T.A. | Reportage TF1 Manon DEBUT, Zack AJILI et Bora AGIRBAS

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