Deux semaines après le passage des tempêtes Ciarán et Domingos, des dégâts sont encore constatés.
C'est le cas sur la côte atlantique, où des parcs à huîtres ont été dévastés.
Pour les propriétaires, que TF1 a rencontrés, les pertes sont immenses, un mois et demi avant les fêtes.

"C'est la désolation". Sur la plage du banc d'Arguin, dans le Bassin d'Aracachon en Gironde, Alain Poueydebasque est dépité. Dix jours après le passage des tempêtes Ciarán et Domingos, cet ostréiculteur revient pour la première fois sur les lieux de sa production. Mais de ses parcs à huîtres, il ne reste plus rien. Avec les intempéries et le vent, le sable a avancé d'une centaine de mètres, recouvrant tout sur son passage. 

"C'est impressionnant, je n'arrive même pas à reconnaître l'endroit", avoue-t-il dans le reportage TF1 en tête de cet article. "Ici, avant, il y avait un mètre d'eau", décrit-il en désignant un espace désormais recouvert de sable, d'où dépassent parfois des barres de fer et des poches d'huîtres.

Entre 10 et 15.000 euros de pertes

Enfouie depuis dix jours sur la plage, la production ne pourra être sauvée. "Toutes ces huîtres blanches, ce sont des huîtres qui sont mortes ensablées", montre Alain Poueydebasque, une poche à la main. "C'était pour des marchands pour Noël", explique-t-il encore, estimant ses pertes entre 10 et 15.000 euros. "Des pertes en trois nuits, pour trois ans d'élevage", résume-t-il, complètement assommé.

La production est perdue, mais le travail ne fait que commencer. Il faut maintenant débarrasser la zone des poches d’huîtres et des tonnes de ferrailles enfoncées dans le sable. "On essaie de faire tout ce qu'on peut pour faire place nette et laisser l'endroit tel que c'était avant qu'on s'y installe", détaille Nicolas Lafond, également ostréiculteur sur ce site. "Pour l'instant, on doit déguerpir de l'endroit et on verra dans le futur si on peut s'y re-installer."

Épuisés après des heures de travail, certains ostréiculteurs peuvent compter sur la solidarité des proches. "Ce n'est pas évident, mais heureusement qu'on a les outils pour relever, pour nous aider et puis de la main d'œuvre, les copains. Ça fait du bien, un peu de solidarité", reconnaît Jérémy Cussac, qui avait aussi de la production sur le banc d'Arguin.

D'autant que ces ostréiculteurs font figure d'exception en Gironde. Avec moins de 5% de la production du Bassin d'Arcachon impactée, ces tempêtes ne devraient pas avoir d'incidence sur l'approvisionnement d'huîtres pour Noël. Ces ostréiculteurs, eux, mettront longtemps à s'en relever.


La rédaction de TF1info Reportage TF1 Yaël Chambon, Nicolas Forestier

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info