"Les assurances jouent la montre pour qu'on craque" : les sinistrés du séisme en Charente-Maritime se désespèrent

par V. F | Reportage TF1 : Yael Chambon et Christèle Arfel
Publié le 5 avril 2024 à 17h07

Source : JT 13h Semaine

C'était il y a neuf mois : un séisme frappait la commune de La Laigne, en Charente-Maritime.
Aujourd'hui, 175 maisons sont toujours inhabitables et des démolitions sont en cours.
Le JT de TF1 a rencontré des sinistrés qui se demandent s'il faut rester ou partir et qui sont toujours sans nouvelles de leurs assurances.

À La Laigne, village sinistré à la suite du séisme du 16 juin 2023, les premières démolitions de maisons endommagées ont débuté. À chaque fois, les coups de pelle mécanique doivent être précis et les murs démontés minutieusement pour éviter que d'autres habitations ne s'effondrent. "En tirant une trop grosse partie du pignon de la maison à l'arrière, on peut risquer d'emporter le pignon de l'autre maison qui est largement fissuré", explique Luc Moinet, gérant de l'entreprise de travaux publics "Moinet", dans le reportage de TF1 ci-dessus. Sa société a déjà démoli la maison d'en face, mais le travail n'a pas pu être terminé. "Nous avons été obligés de le stopper puisque la maison mitoyenne menace de s'effondrer", précise-t-il.

"On ne se sentait plus chez nous nulle part"

Du côté des sinistrés, après neuf mois d'attente, Amélie Pidoux est soulagée de voir les travaux commencer. Tous ses voisins n'ont pas eu la même patience. "Pour le moment, il y en a quatre qui ne reviennent pas dans le voisinage proche", affirme-t-elle. Avec sa famille, elle a aussi pensé à déménager. Elle est allée visiter des maisons ailleurs, mais c'est ici, entourés de leurs amis, qu'ils veulent vivre. "Ça a tellement été dur pendant neuf mois. On ne se sentait plus chez nous nulle part. Du coup, c'est vrai que là, le fait que ça commence, on se dit qu'une nouvelle vie va démarrer. On a l'impression qu'il y a un vent qui est en train de faire partir ces neuf mois de galère", souligne la jeune femme.

Mais pour d'autres sinistrés, les travaux ne sont pas près de commencer. Chez Stéphane Couttier, habitant de la Grève-sur-Mignon, les artisans venus faire des devis estiment qu'il faut tout raser et reconstruire. "Si on retire ces étais, la maison, il n'y a plus rien qui tient", montre-t-il. Mais son assurance ne veut payer que certaines réparations pour un montant bien moins important. "Sur un mur très abimé, ils nous disent qu'un simple enduit à la chaux va le tenir. Mais quand on voit son état, le but, c'est purement d'économiser", déplore-t-il.

Comme de nombreux autres sinistrés, il n'a plus de nouvelles de son assurance depuis plusieurs mois. "Ils veulent jouer la montre pour qu'on craque et qu'on dise OK à leur proposition. Je ne me dirige pas là-dessus, je vais me battre. Mais je pense que de nombreuses personnes vont craquer et vont prendre l'indemnité. C'est lamentable", poursuit-il. D'ici à deux mois, son relogement ne sera plus pris en charge par son assurance. Ici, 175 maisons sont toujours inhabitables depuis près d'un an.


V. F | Reportage TF1 : Yael Chambon et Christèle Arfel

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