Les promeneurs sont de plus en plus nombreux, mais la randonnée est un loisir de plus en plus contrarié.
Des propriétaires privés décident de fermer l'accès à certains chemins traversant leurs parcelles.
Ces fermetures obligent les marcheurs à faire des détours.

Au massif du Sancy, dans le Puy-de-Dôme, la jolie balade à travers le pâturage est terminée sur une partie du GR4. Au lieu du chemin, les randonneurs doivent passer par une route départementale, sur près d'un kilomètre. "On passait initialement par des sentiers, mais l’agriculteur n’a plus souhaité le passage des randonneurs donc nous sommes obligés d’emprunter la route, avec tous ses dangers", constate l'un d'eux dans le reportage du 13H ci-dessus. "En tant que randonneur, nous sommes vraiment embêtés par ce genre de choses. Il n’est pas normal de devoir marcher 900 mètres sur la route", déplore de son côté Philippe Couturier, président du comité du Puy-de-Dôme de la Fédération française de la randonnée pédestre.

Si ces sentiers de randonnée ne sont plus accessibles, c'est parce que la déambulation des randonneurs provoquerait trop de nuisances, notamment dans les élevages. Sur cette partie du circuit traversant le massif du Sancy, l'accès est fermé depuis plus de six ans déjà. Cédric Faure, éleveur, a depuis repris l'exploitation, mais ne compte pas "revenir en arrière" sur la décision. "C’est vraiment trop compliqué à gérer. Les gens ne se rendent pas compte du danger avec les troupeaux. Certains viennent randonner avec leurs chiens. Les vaches protègent leurs veaux et on ne peut pas anticiper leurs réactions", indique-t-il. Le problème viendrait aussi de randonneurs qui ne referment pas les clôtures après leur passage. 

Des promeneurs de plus en plus nombreux

Un peu partout en France, des randonneurs sont confrontés à des problèmes similaires d’interdiction d’accès aux chemins. Sur les réseaux sociaux, randonneurs et propriétaires n’hésitent pas à afficher leurs querelles. C’est notamment le cas dans le Finistère, où, sur Facebook, un randonneur ayant fait une sortie en forêt domaniale de Carnoët en mai regrette qu’un chemin qu’il avait l’habitude d’emprunter "était barré avec un gros panneau propriété privé".

Les promeneurs sont de plus en plus nombreux : 20% en plus par rapport à 2019. Depuis une loi du 2 février 2023, visant à limiter l’engrillagement des parcelles privées dans les espaces naturels, afin de laisser la faune circuler, le fait de pénétrer sans autorisation dans une "propriété privée rurale et forestière" peut être sanctionné d’une contravention de quatrième classe punie d’une amende de 135 euros, pouvant aller jusqu’à 750 euros. Il s’agit de l’article 226-4-3 du Code pénal. Plusieurs panneaux "propriété privée, interdiction d'entrer" ont fleuri un partout depuis cette loi, comme dans le massif de la Chartreuse (Isère). 

Selon Luc Stelly, directeur de l’office de tourisme de Sancy, les sanctions sont cependant très rares. "En général, cela ne va pas jusqu’à l’amende et jusqu’au conflit. Nous faisons un travail de sensibilisation. L’idée, c’est de réguler les choses", indique ce professionnel du tourisme. Il souhaite le faire par le biais de négociations entre les parties, puis de conventions obligatoires afin d’ouvrir un nouveau chemin. Le but est de trouver une entente entre ces passionnés, réunis derrière un intérêt commun : se partager la nature en bonne intelligence.


La rédaction de TF1info | Reportage : C. Emeriau, P. Delannes

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