L'état d'urgence a été levé ce mardi en Nouvelle-Calédonie, mais le retour à la normale n'est pas pour autant d'actualité.
De nombreux barrages restent en place, contraignant même certains habitants à emprunter la mer pour se ravitailler ou aller travailler.
Une équipe de TF1 est allée à leur rencontre.

Ils sont obligés de prendre le bateau pour ne pas rester coincés. Des habitants du Mont-Dore, au sud de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, sont quasiment coupés du monde. Seule la voie des mers peut leur permettre de rejoindre la ville. La raison ? Ils veulent absolument éviter la route qu'ils empruntent habituellement, devenue un accès de tous les dangers. Malgré la levée de l'état d'urgence dans l'archipel, ce mardi, la chaussée reste occupée.

La particularité de cet axe ? Il passe par le bastion historique des indépendantistes, à Saint-Louis. Si le trajet est périlleux en temps normal, il est presque impossible en ce moment avec les barrages. C'est par une rotation maritime permanente que les 20.000 habitants enclavés dans cette zone doivent contourner l'obstacle, à travers des bateaux assurant la liaison jusqu'à Nouméa.

20.000 habitants doivent emprunter cette rotation maritime pour éviter le barrage sur la route habituelle.
20.000 habitants doivent emprunter cette rotation maritime pour éviter le barrage sur la route habituelle. - INFOGRAPHIE TF1

Des navettes à la capacité limitée

Jean-Noël Pezat habite ici depuis des années. "Depuis plus de 30 ans, on a une insécurité constante sur cette route, déplore-t-il, dans le reportage du 13H de TF1 à retrouver en tête de cet article. Les gens ont peur." La construction d'un viaduc à travers la baie aurait pu soulager ces Calédoniens, en évitant le territoire de la tribu Kanak. "Il aurait fallu construire un pont de quatre kilomètres pour rejoindre les deux rives", précise notre témoin. Mais l'idée ne s'est finalement pas concrétisée.

Conséquence : en pleine crise, le trafic des bateliers reste la seule solution sécurisée. Ces navettes effectuent de nombreux allers-retours, plusieurs dizaines de fois par jour. Mais, face à la demande de cette population qui essaie de contourner les zones dangereuses, cette offre demeure insuffisante. "Ça fait cinq heures qu'on attend, s'agace une habitante patientant sur le ponton avant de monter dans un de ces navires à la capacité limitée. Les bateaux sont trop petits."

En Nouvelle-Calédonie, le retour à la normale n'est pas encore vraiment d'actualité. L'accès à l'hôpital de l'agglomération de Nouméa a été libéré lundi et sécurisé, mais les équipes médicales réservent leurs services aux soins les plus urgents. Quelques quartiers ont aussi pu bénéficier du ramassage des déchets pour la première fois depuis le début de la crise en ce début de semaine. L'aéroport international restera au moins fermé jusqu'au 2 juin. Les écoles, elles, ne rouvriront pas avant la mi-juin.


T.A. | Reportage TF1 Michel SCOTT et Fabrice AMZEL

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